notre site internet

dimanche 26 juin 2016

La planète foot est aussi dans la Région des Savanes






  Afin de rassembler les quatre villages de manière festive autour de leurs enfants et promouvoir l'inter-communauté, coup de pousse a initié et sponsorisé un tournoi de foot.
  Ainsi à l'heure où toute l'Europe a les yeux fixés sur le ballon rond, nos amis togolais ont fait de même et les directeurs des quatre écoles primaires ont organisé une rencontre inter-villages. Voyez plutôt ces images du tournoi des écoles qui a eu lieu récemment et qui viennent de nous parvenir. 
NDLR : Vous voudrez bien être indulgents pour la qualité inégale des images de ce reportage photo, notre reporter n'ayant pas forcément le matériel adéquat disponible. Vous pouvez d'ailleurs constater que l'appareil photo utilisé n'est pas très à jour 😏, en effet contrairement à ce qu'affiche le dateur, ces photos datent bien de ce mois-ci !


Salutation d’usage et conseils d’avant match par le directeur de Boré

Certains villages avaient de belles tenues mais d'autres étaient plus hétéroclites. La majorité des écoliers jouaient pieds-nus.

Ouverture du match entre Lokpergou et Djapak (Lokpergou en jaune et Djapak en maillot du Barça)



On répare les buts avant la rencontre



Vue partielle  du match  entre les filles de Lokpergou et de Djapak



Préparation pour les séances de tirs aux buts


Exposition des prix et du trophée


Cet hiver, des dizaines de coureurs parisiens appartenant à différents quartiers de l'Adidas Runners Paris* ont collectés des tshirts de sport afin de pouvoir les faire parvenir aux jeunes des écoles du Plateau. Qu'ils soient remerciés ici pour leur générosité et la spontanéité avec laquelle ces collectes ont été organisées. Ils peuvent constater par ces photos que leur don est arrivé à bon port.

* Cliquer ici pour plus d'infos

Remise des tshirts au directeur de l'école primaire de Nagou par le représentant du sous chef de Djapak (il y avait des tshirts pour tout le monde)



Remise de trophée et du 1er prix aux gagnants par Joël, l’agent de développement de coup de pousse


L'école gagnante a reçu un ballon de foot et un prix en numéraire.



Les « officiels » : les directeurs d'école, certains chefs et sous-chefs de village et des responsables des CVD**

** comité villageois de développement


Trophée et prix soulevés par l'équipe de Boré gagnante du tournoi

  Voilà, ce tournoi ponctue la fin de l'année car là-bas aussi l'année scolaire s'achève. Ce moment correspond aussi à peu près au début de la saison des pluies. Et pour les villageois commence une intense période de travail. Nous ne retournons là-bas qu'en octobre car les travaux des champs vont retenir toute l'attention de villageois. Les activités de coup de pousse au Togo se mettent donc un peu en sommeil jusqu'en septembre. 
  En France par contre, coup de pousse s'active toujours. Je vous donne donc rendez-vous début juillet, pour le prochain billet. Je vous y parlerai du trail de Belle-Ile en mer auquel 18 coureurs-traileurs-collecteurs sont inscrits. Leur challenge : lever des fonds pour pouvoir construire une école primaire à Lokpergou... Suspense haletant qui s’achèvera le 17 septembre !

  À bientôt !


 Vous avez aimé ? Partager ce billet sur votre page FB !



Pour en savoir plus :

Visitez le site de coup de pousse, www.cdpousse.org et suivez nos actus en vous inscrivant au flux des billets (en haut à droite du blog) ou écrivez-nous à florence@cdpousse.org et pour faire un don cliquez ici


jeudi 2 juin 2016

Alphabétisation


Classe d'alphabétisation faite dans un apatame à Lokpergou


« L’alphabétisation change la vie et même davantage, elle en sauve. » Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco
« Aujourd’hui, 16 % de la population adulte mondiale est analphabète, soit 781 millions de personnes. Parmi elles, deux tiers sont des femmes.
L’instruction permet aux femmes de connaître les bonnes pratiques d’hygiène, de protection contre certaines maladies (sida, paludisme, malaria…), de bien administrer les médicaments, de faire appel à des sages-femmes pour le suivi des grossesses. Ainsi, le Nigeria – qui a un des plus faibles taux d’alphabétisation – a mis en place une réforme de l’éducation dans les années 1970. Elle a été suivie d’une baisse de 29 % du taux de mortalité maternelle. »
(source : La Croix, Anaïs Brosseau, le 08/09/2014)

Classe à Boré.


Au Togo, les adultes n'ont pas de deuxième chance s'ils ont raté la période de scolarisation et l'alphabétisation est un sujet qui a toujours été à notre programme. Nous ne l'avions pas encore abordé. Maintenant c'est fait ! 
Des classes ont commencé à Boré et à Lokergou et notre ami Michael*, qui gère le projet, nous a demandé une rallonge de budget (accordée) pour pouvoir également organiser des cours à Nagou et à Djapack. Les classes ont beaucoup de succès car les adultes, les femmes notamment, savent instinctivement qu'on fait difficilement du développement avec des analphabètes. 

*rappel : Michael est le Peace Corps qui vit à Nagou depuis plus de six mois

Un professeur de l'école primaire fait la classe

 

Pourquoi plus de femmes sont analphabètes ?

Pour de multiples raisons : les femmes sont requises aux corvées d'eau et aux corvées ménagères et sont souvent absentes de l'école. De plus pour s'inscrire à l'école il faut impérativement un acte de naissance. Or les filles ne sont pas toujours déclarées (bizarrement les garçons n'ont pas ce problème !). Les femmes accouchent chez elles et ensuite, c'est l'homme qui déclare l'enfant au chef de village ou au chef de canton. Si ce n'est pas fait dans les trois mois il faut passer par le tribunal. C'est long et compliqué. Une amie togolaise m'a confié qu'elle devait à opiniâtreté de sa maman d'avoir pu avoir enfin un acte de naissance (et par là une existence légale) et de pouvoir aller à l'école. Pour toutes ces raisons, le taux d'analphabètes est plus élevé chez les femmes.

Quels bénéfices attendre de l'alphabétisation des femmes ?


  • La femme alphabétisée mettra à coup sûr son enfant à l'école. Il y a un dicton en Afrique qui dit : « Une maman alphabétisée, c’est 6 enfants scolarisés ». Aucune statistique ne confirme l'exactitude des ces chiffres mais les faits confirment que les mamans qui savent lire, écrire et compter sont encore plus conscientes de la nécessité de donner une éducation à leurs enfants et sont prêtes à de grands sacrifices pour qu'ils aillent à l'école. Dernier argument de taille : comment une maman peut-elle aider son enfant si elle-même ne sait ni lire ni écrire ?
  • La femme a un rôle économique essentiel dans le foyer africain. C’est la femme qui achète, qui vend et qui gère le budget familial (sauf le budget boisson du mari). C'est la femme qui va au marché et a souvent un petit commerce (savon, légumes du jardin...). Ainsi en avril dernier, notre acheteur de maïs était une femme (et cela c'est un très gros commerce). Mais pour cela, il faut qu'elle ait des bases et qu'elle sache compter.
  • Elle a enfin un gros impact sur la santé du foyer. Savoir lire et compter lui permet de mieux comprendre les campagnes de vaccinations, de bien doser les médicaments donnés par la sage-femme ou l'infirmier car même si c'est écrit en français et qu'on lui enseigne le Moba, la langue locale, les chiffres restent les mêmes dans les deux langues. Et une fois que le processus de lecture sera enclenché, elle pourra alors apprendre quelques mots de français.

Pourquoi des classes exclusivement féminines ?

 

On ne mélange pas les genres car la femme osera beaucoup moins s'exprimer si des hommes sont là, pour respecter la hiérarchie sociale et de peur des moqueries. La hiérarchie homme-femme et leur interaction en sphère public-privé sont encore très présentes dans la société togolaise. 
Les hommes auront leur tour et leur cours plus tard. Pour l'instant, comme nous ne pouvons pas tout faire, nous privilégions l'efficacité, donc les femmes.




Ce billet vous a plu ? Partagez-le sur votre page FB !

jeudi 19 mai 2016

Comment dénouer des conflits ou une leçon de diplomatie par les jeunes du Plateau



Prosper, Parfait et Patrick en pleine discussion à Dapaong

Ainsi que nous vous le disions dans la dernière Brève de pousseurs, un club des jeunes s'est formé sur le Plateau.

 

La rencontre  avec Parfait

Parfait est un jeune du milieu, il nait au village de Nagou, fait des études supérieures et travaille à Dapaong, la ville proche. Parfait est un jeune homme généreux qui a très à cœur le développement de son pays. À l'époque où nous le rencontrons, nous sommes sur le point de désespérer de faire travailler ensemble les quatre villages, Nagou, Lokpergou, Djapak et Boré. Car malgré la com intensive, les réunions de sensibilisations, les harangues et explications de Patrick, on en revient toujours aux mêmes arguments, aux vieilles querelles...  Ajouté à cela des rumeurs qui circulent et nous obtenons un superbe Clochemerle togolais. Impossible d'avancer et de les faire travailler ensemble. Pour nous, c'est l'impasse !



Première réunion du groupe à Dapaong

Création du club

Puis en écoutant Parfait, et plus tard son cousin Prosper, et en constatant leur motivation et leur dynamisme, Patrick a une idée lumineuse : créer un club de jeunes instruits issus des quatre villages, habitant encore ou n'habitant plus au village mais y ayant des liens très forts. Tous y auraient de la famille, des « petits frères » auxquels ils voudront donner les meilleures chances de réussite. Parfait se charge de les recruter, trois par village avec si possible la parité homme-femme. Et voilà ! Le club des jeunes du plateau est né.
En avril nous nous rencontrons et leur expliquons les tenants et les aboutissants de l'opération maïs, le projet de construction de collège et la nécessite de trouver un site commun... Ces jeunes comprennent vite, pas besoin d'expliquer longtemps. Ils ont un énorme avantage sur nous : ils peuvent tenir des propos que nous ne pourrions jamais tenir, ils sont au courant des rumeurs, des vieilles querelles dont nous ne soupçonnons pas l'existence.
En bref ils peuvent faire la morale à leur parents, démontrer aux vieux du village qu'il faut accepter le changement et oublier les rancœurs.



Au village, Joel, le nouvel agent de développement (cf Brèves n°3 p.3), aide les jeunes à s'organiser


Le miracle a lieu !

Un signe qui ne trompe pas : les jeunes décident que la première réunion aura symboliquement lieu à Nagou, le siège de la résistance. Ensuite ils font réunion de sensibilisation sur réunion de sensibilisation (plus efficaces que les nôtres on dirait 😏 car nous avons commencé à en sentir les effets lors de notre dernier voyage en avril).  Enfin, cerise sur le gâteau de cette communication intensive, une réunion des chefs de village et de groupes des 4 villages a lieu à Nagou. L'objet de la réunion ? Trouver un consensus sur le lieu de construction du collège commun. Ce que nous cherchons à faire depuis des mois sans jamais y arriver !
Ah ! Bien sûr, il y a encore à faire mais grâce à ce groupe dynamique et motivé nous allons réussir à faire par la diplomatie et le consensus ce que nous n’aurions jamais résussi à faire autrement.

Chapeau et merci les jeunes !


Nota bene :
Il est quand même un domaine où, à mon grand désespoir, ce groupe de jeunes est un échec retentissant : sa composition qui exclusivement masculine. Les femmes sont mariées à cette âge et sous l'autorité de leur mari. Elles n'ont donc pas entièrement la liberté d'aller et venir à leur guise. De plus les femmes sont nettement moins éduquées que les hommes, il est donc très difficile de trouver des candidates. Mais j'ai confiance en Parfait, même s'il n'y en a qu'une, il la trouvera !



Ce billet vous a plu ? Partagez-le sur votre page FB !
 

Pour en savoir plus

Visitez le site de coup de pousse, www.cdpousse.org et suivez nos actus en vous inscrivant au flux des billets (en haut à droite du blog), écrivez-nous à florence@cdpousse.org et pour faire un don, cliquez ici