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lundi 13 février 2017

Femmes, on vous aiiiiime....



À Boré

Depuis le début de l'action de coup de pousse nous sommes frappés par le rôle de la femme dans la vie économique des villages, par la quantité énorme du travail qu'elle abat et le nombre des tâches qui lui incombe.  Et nous avons observé et constaté deux choses :
- D'une part, que, par le poids des traditions et de la culture mais aussi parce qu'elle est moins instruite, la femme africaine est très effacée dans les réunions et dans les instances décisionnaires. Donc, si les femmes peuvent s'organiser et être un peu autonome pour gérer leur activité économique, c'est mieux.
 
Les femmes de Lokpergou, le plus petit village du Plateau, répondent à l'appel de Joël, notre agent de développement (photo prise devant la nouvelle maternelle de Lokpergou).

- D'autre part, le village de Nagou avec la cantine (300 repas par jour 4 jours par semaine quand même), nous montre de façon éclatante qu'un groupement de femmes peut fonctionner et qu'elles savent très bien s'organiser et faire tourner la baraque si on les aide un peu.


Un apaptame des femmes est construit à Lokpergou : un lieu pour se rencontrer au sein de cet habitat dispersé

Un petit coup de pousse s'impose mais que faire ?
L'idée germe alors de créer un club des femmes, un par village au début. Joël, l'agent de développement recruté par coup de pousse en 2016, démarre au quart de tour. Joël est excellent dans le domaine de la communication et il sait galvaniser les volontés. Les femmes sont enthousiastes. Ensemble, on est plus fort et elles le savent


Plans de reboisement. Un pépiniériste est venu proposer gratuitement son aide

 Elles ont beaucoup d'idées et leur programme est très ambitieux : champs communautaires, reboisement (notamment des flancs de montagnes où ont été pris les cailloux qui ont servi pour le remblais de la maternelle et l'école primaire), maraichage (entre autres endroits près de la nouvelle retenue d'eau de Djapak). 


Début de maraîchage à Lokpergou. On comprend vite qu'il est difficile d'arroser au seau.


Petites pousses d'espoir


La haie de tiges de coton

Les femmes ont déjà des projets assez précis certes, mais tout cela ne s'improvise pas et l'expertise et les moyens techniques leur font parfois défaut


Puits maraîcher indispensable pour le cultures. L'eau n'est pas potable.


Simple trou dans la terre, les cailloux bloquent souvent l'accès à l'eau et seule la dynamite en vient à bout.

Des formations sont donc au programme afin de leur renforcer leur capacité en connaissance agricole (compostage, maraichage...) mais également concernant l’hygiène et la santé.
Car les villageoises souhaitent mener également des actions d'assainissement et apprendre à entretenir l'école. Il y a aussi un plan de caisse de santé et de fonctionnement du groupement. Appuyé par les cours d'alphabétisation c'est un cercle vertueux qui se met en place dans les trois villages de Lokpergou, Djapak et Boré

La formatrice explique les règles d'hygiène


Des dessins très clairs qui peuvent être compris pas toutes

Quelques fois il suffit juste d'un petit... coup de pouce (ou coup de pousse 😊) pour démarrer. Et c'est là que nous, non, que vous intervenez grâce à vos dons. Ils financent ces formations, ils achètent des pelles, des houes, des arrosoirs (sinon elles versent au seau et le jardin est tout inondé), bref, ils leur permettent de se développer et de créer leur propres activités génératrices de revenus. C'est bien là notre but ultime, n'est-ce-pas 
Alors en avant et vive les femmes ! 


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jeudi 2 juin 2016

Alphabétisation


Classe d'alphabétisation faite dans un apatame à Lokpergou


« L’alphabétisation change la vie et même davantage, elle en sauve. » Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco
« Aujourd’hui, 16 % de la population adulte mondiale est analphabète, soit 781 millions de personnes. Parmi elles, deux tiers sont des femmes.
L’instruction permet aux femmes de connaître les bonnes pratiques d’hygiène, de protection contre certaines maladies (sida, paludisme, malaria…), de bien administrer les médicaments, de faire appel à des sages-femmes pour le suivi des grossesses. Ainsi, le Nigeria – qui a un des plus faibles taux d’alphabétisation – a mis en place une réforme de l’éducation dans les années 1970. Elle a été suivie d’une baisse de 29 % du taux de mortalité maternelle. »
(source : La Croix, Anaïs Brosseau, le 08/09/2014)

Classe à Boré.


Au Togo, les adultes n'ont pas de deuxième chance s'ils ont raté la période de scolarisation et l'alphabétisation est un sujet qui a toujours été à notre programme. Nous ne l'avions pas encore abordé. Maintenant c'est fait ! 
Des classes ont commencé à Boré et à Lokergou et notre ami Michael*, qui gère le projet, nous a demandé une rallonge de budget (accordée) pour pouvoir également organiser des cours à Nagou et à Djapack. Les classes ont beaucoup de succès car les adultes, les femmes notamment, savent instinctivement qu'on fait difficilement du développement avec des analphabètes. 

*rappel : Michael est le Peace Corps qui vit à Nagou depuis plus de six mois

Un professeur de l'école primaire fait la classe

 

Pourquoi plus de femmes sont analphabètes ?

Pour de multiples raisons : les femmes sont requises aux corvées d'eau et aux corvées ménagères et sont souvent absentes de l'école. De plus pour s'inscrire à l'école il faut impérativement un acte de naissance. Or les filles ne sont pas toujours déclarées (bizarrement les garçons n'ont pas ce problème !). Les femmes accouchent chez elles et ensuite, c'est l'homme qui déclare l'enfant au chef de village ou au chef de canton. Si ce n'est pas fait dans les trois mois il faut passer par le tribunal. C'est long et compliqué. Une amie togolaise m'a confié qu'elle devait à opiniâtreté de sa maman d'avoir pu avoir enfin un acte de naissance (et par là une existence légale) et de pouvoir aller à l'école. Pour toutes ces raisons, le taux d'analphabètes est plus élevé chez les femmes.

Quels bénéfices attendre de l'alphabétisation des femmes ?


  • La femme alphabétisée mettra à coup sûr son enfant à l'école. Il y a un dicton en Afrique qui dit : « Une maman alphabétisée, c’est 6 enfants scolarisés ». Aucune statistique ne confirme l'exactitude des ces chiffres mais les faits confirment que les mamans qui savent lire, écrire et compter sont encore plus conscientes de la nécessité de donner une éducation à leurs enfants et sont prêtes à de grands sacrifices pour qu'ils aillent à l'école. Dernier argument de taille : comment une maman peut-elle aider son enfant si elle-même ne sait ni lire ni écrire ?
  • La femme a un rôle économique essentiel dans le foyer africain. C’est la femme qui achète, qui vend et qui gère le budget familial (sauf le budget boisson du mari). C'est la femme qui va au marché et a souvent un petit commerce (savon, légumes du jardin...). Ainsi en avril dernier, notre acheteur de maïs était une femme (et cela c'est un très gros commerce). Mais pour cela, il faut qu'elle ait des bases et qu'elle sache compter.
  • Elle a enfin un gros impact sur la santé du foyer. Savoir lire et compter lui permet de mieux comprendre les campagnes de vaccinations, de bien doser les médicaments donnés par la sage-femme ou l'infirmier car même si c'est écrit en français et qu'on lui enseigne le Moba, la langue locale, les chiffres restent les mêmes dans les deux langues. Et une fois que le processus de lecture sera enclenché, elle pourra alors apprendre quelques mots de français.

Pourquoi des classes exclusivement féminines ?

 

On ne mélange pas les genres car la femme osera beaucoup moins s'exprimer si des hommes sont là, pour respecter la hiérarchie sociale et de peur des moqueries. La hiérarchie homme-femme et leur interaction en sphère public-privé sont encore très présentes dans la société togolaise. 
Les hommes auront leur tour et leur cours plus tard. Pour l'instant, comme nous ne pouvons pas tout faire, nous privilégions l'efficacité, donc les femmes.




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