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mercredi 20 mars 2019

Antoine : il y est allé et il raconte



En train de boire le tchapalo, la bière de mil locale

Cinq jours de mission humanitaire au Togo

avec l'association coup de pousse


« J'ai toujours voulu faire de l'humanitaire un second métier. En novembre dernier, en rentrant d'une formation humanitaire à Niamey au Niger, j'ai la surprise d'apprendre qu'une de mes collègues souhaitait me mettre en contact avec le président d'une association.
Je prends donc contact avec Patrick, président de coup de pousse, une modeste ONG qui, par l'éducation, aide au développement de la Région des Savanes au Togo. Je rencontre Patrick et suis vraiment conquis par la vision de l'humanitaire que prône l'association et par tout ce que l'ONG accomplit sur place, avec finalement assez peu de moyens.


Le long de la route

Nous partons pour le nord du Togo à la mi-janvier en passant par Ouagadougou. Nous sommes quatre, le président, la vice-présidente et notre chauffeur.
La mission ? Faire un point complet sur les nombreux projets en cours et à venir et rencontrer nos partenaires sur place. Visiter les villages de brousse et rencontrer les acteurs locaux : directeurs d'écoles, enseignants, inspecteurs de l'académie, notables de la région... L’objectif est de constater l’avancement des projets en cours dans certains villages ou encore recenser les besoins dans d'autres villages.



Notre véhicule traverse des décors dignes du film Out of Africa, des paysages de brousse parsemés de cases africaines et de baobabs. À l'horizon, se dresse une immense et sublime falaise découpée, qui surplombe ce panorama de savane sec et coloré. Les femmes africaines habillées de leur tenue bigarrée, transportent sur leur tête de l'eau puisée à la sueur de leur front.  


 Des hommes mènent leurs bêtes dans l'herbe sèche ou transportent du mil et du maïs. Des enfants souriants courent à la poursuite de notre automobile.
Cette beauté palpable cache des conditions de vie difficiles pour les habitants de cette région. Les villages, enclavés, n'ont pas du tout d’électricité, l'accès à l'eau se fait grâce à de rares forages ou des puits et les infrastructures sont inexistantes. Les bâtiments sont des cases faites de terre, au toit de tôle ou en tiges de mil. Il n'y a pas d’hôpitaux ou de dispensaires à proximité et trop peu d'écoles.


Avec l’inspecteur du collège, Patrick et Didier, le relais de coup de pousse sur place

Le premier jour de la mission nous visitons l'inspecteur en chef de l'académie. Cette personne a fait remonter auprès des instances gouvernementales togolaises le magazine mensuel d’Air France. Y était publié un article au sujet de la construction du collège Union des Plateaux par coup de pousse et financée par la Fondation Air France. Cette publicité fortuite et l'action de l'inspecteur ont rendu possible la reconnaissance de ce collège par l’éducation nationale togolaise et donc, la nomination d'un directeur et de professeurs payés par l'état. Je découvrirai l'établissement plus tard cet après-midi-là.



Nous nous rendons ensuite au petit village de Kona pour constater l'avancée du chantier d'une école primaire construite avec l'aide de coup de pousse.
Nous sommes accueillis par les sourires de dizaine d'enfants, qui chantent à la gloire de leur nouvelle école « bonne arrivée à Kona, les élèves sont avec vous ». C'est un moment très touchant pour moi, que je n'oublierai jamais, mon émotion est palpable face à tous ces petits si heureux. Le chantier avance bien et l’école pourra accueillir une centaine d'élèves d'ici février. Les latrines filles et garçons sont, elles, déjà terminées.

C'est la fête alors ils sont contents !

Je découvre ensuite ce magnifique collège Union des plateaux, vaste complexe scolaire flambant neuf doté de tout le matériel pédagogique nécessaire à l'apprentissage. En tant qu'employé Air France, c'est fièrement que je lis la plaque « Construction d'un collège par coup de pousse et le Rotary Club de Dapaong, financé par la Fondation d'entreprise Air France ». Ce collège scolarise au moins 200 enfants.
 
Match de foot, équipe filles, Nagou contre le collège Union des Plateaux (notez que les filles jouent pieds-nus)

Un match de football puis une fête du collège sont organisés en notre honneur mais aussi sous l'impulsion de coup de pousse. Le but est de faire participer les parents à la vie de l'école pour lutter contre l'absentéisme et les familiariser avec l'école.

 
La maternelle actuelle de Djapak

Les jours suivants, nous retournons à Kona et dans trois villages que l’association soutient pour discuter avec les villageois. Nous constatons certains besoins criants. Dans deux villages dont Kona, des écoles maternelles de 40 mètres carrés faites de tôle, de terre et de tiges de mil, abritent 40 enfants sous 40°C, la poussière et le sable s'engouffrant dans les classes.

J'ai le droit à chaque fois, en tant que représentant d'Air France à la plus grande considération. Je me verrai même offrir par la population qui a pourtant si peu, deux oiseaux blancs qui symbolisent les ailes d'Air France dans le cœur des villageois. C'est dire l'importance de l'image encore véhiculée par Air France, et cela même dans ces villages africains perdus dans la brousse.



Je découvre que coup de pousse, ce n'est pas seulement la construction d'écoles mais c'est aussi l'accompagnement à tous les niveaux des élèves, des parents, et du corps enseignant. C'est la création de cantines scolaires éphémères pendant les mois de sécheresse pour que les enfants mangent à leur faim, l'apport de matériel, des cours d'alphabétisation des parents, et aussi un travail de fond pour changer petit à petit mais très humblement certaines mentalités (la place de la femme dans la société, la scolarisation, les bonnes pratiques d'hygiène...).
C'est à ce projet complet que la Fondation Air France apporte son aide.


Aux grottes de Nagou, en haut du plateau

Tout en haut de la falaise, contemplant, les baobabs et les cases villageoises se perdre dans la savane, je songe à cette expérience exceptionnelle, celle d'une vie, d'avoir été sur le terrain à la rencontre de ces populations si humbles et d'avoir pu aider à mon échelle. J'ai réalisé un rêve.
C'est à la mesure du bonheur de tous ces enfants que l'on réalise combien l'action de coup de pousse, soutenue par la Fondation Air France est bénéfique, le fruit de cette collaboration apportera un futur plus éclairé à tous ces sourires. »




Fin de ce joli témoignage. La fois prochaine, je vous raconte une bien autre histoire. Une l'histoire qui concerne des millions de filles et qui touche naturellement les petites filles et les jeunes filles des écoles que nous suivons.
Un indice : la photo ci-dessous. Si vous avez déjà trouvé,
vous êtes trop fort et... bien informé !  😊

À bientôt...

 

Qu'est-ce-que c'est ?



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lundi 30 novembre 2015

Ensemble, on soulève des montagnes !

En fait de montagnes, il s'agissait de cinq extracteurs d'oxygène pesant 32 kg chacun et de 70 cm de hauteur. Mais commençons par le début. Plantons le décor de cette petite histoire qui sort un peu de notre mission mais qui mérite d'être contée :

L'un des extracteurs d'oxygène

Voyage de décembre 2014 

Patrick et moi visitons l'hôpital de Dapaong. Le médecin responsable s'appelle Séverin. Nous en avons déjà parlé. Il est rotarien et c'est l'un des deux médecins de Dapaong (notre ville-base à une petite heure des villages). Les couloirs ne débordent pas de malades, nous sommes en saison sèche et il y a moins de cas de paludisme. Les salles défilent, pas toujours remplies. Des lits de fer, un confort très sommaire. Dans une salle, tout seul, posé sur un lit protégé par une housse en plastique vert foncé, un petit bébé. Une petite crevette, avec des tubes partout, perdu au milieu de ce grand lit. Ni Patrick ni moi n’avons de formation ou d'expérience médicale. Nous nous taisons, muets tout d'un coup. 
Plus loin, un autre bébé, dans une couveuse. Une crevette encore plus petite, sous oxygène. Séverin se fâche alors et demande à la famille de sortir de la pièce car ils prennent de l'oxygène au bébé. C'est là que nous voyons pour la première fois l'importance et la fonction d'un extracteur d’oxygène*.
Nous sortons de cette visite d'hôpital ébranlés et l'estomac noué.

Christian est un ami d'adolescence de Patrick. On ne portera pas atteinte à leur vie privée en disant qu'ils ont fait les quatre cents coups ensemble dans leur jeunesse. coup de pousse les a rapprochés.

Voyage de février 2015 

Christian nous accompagne. Christian est responsable du matériel dans un grand hôpital parisien. Il visite également l'hôpital de Dapaong en regardant de très près le matériel. Il est, lui aussi, touché par le manque de moyens et les équipements de fortune quelques fois utilisés.

Les machines, qui sont remplacées par du matériel plus récent, ont été révisées sont parfaitement aptes à l'emploi

Paris, septembre 2015

Patrick reçoit un mail de Christian : « Voici des photos de mes extracteurs d’oxygène que je peux te donner. Je pourrais t’en donner cinq »

Le problème du transport

Le matériel est là, à notre disposition, mais comment l'acheminer ? Il s'agit de matériel médical, réglementé. Donc ce n'est pas aussi facile à faire sortir ou entrer d'un pays que des cartons de Duplo ou des teeshirts. De plus, le Togo taxe maintenant ses importations durement pour protéger son marché. Il y a juste un bug dans leur loi : il a été oublié de faire exception de toutes les marchandises apportées par les ONG. Enfin, nous avons Patrick et moi, à nous deux, à peu près 110 kg de franchise de bagages. Même si nous prenons le risque, il nous faudra plusieurs voyages pour les apporter ! 
Tous les deux avons encore à l'esprit l'image des ces bébés dans l'hôpital de Dapaong. Pas question d'attendre si longtemps ni de risquer de se faire confisquer le matériel. Nous devons trouver une solution.

Les extracteurs emmaillotés. Patrick va les chercher et les apporter à Roissy

La solution : une chaîne de volontés individuelles !


Il y a d'abord Mamoudou, le président du Rotary-club de Dapaong. Mamadou nous donne le contact de Pascaline. Pascaline est une togolaise qui vit en France. Elle connait des Togolais qui envoient un container à Lomé**. Elle nous met en contact avec Sam en France. Sam organise le transport vers le Togo (pour la petite histoire, nos extracteurs partent avec des lave-linge, fenêtres, vêtements et autres objets divers que nos amis Togolais vivants en France envoient à leur famille). Puis les contacts des Rotariens à Lomé réceptionnent les extracteurs et enfin Salifou, rotarien et notre expert en reforestation et agriculture, rapporte le matériel à bon port.
Les extracteurs sont impeccables. Ils n'ont pas souffert du voyage, ils sont testés : ils fonctionnent parfaitement. 

Quel bel exemple de solidarité. Juste en ce moment où on vient de nous montrer comment l'homme pouvait être cruel et sans pitié, le succès de cette opération révèle que les volontés peuvent aussi s'unir pour faire ce qui est juste et bien.

On vous le dit depuis le début : TOUS ENSEMBLE !


*dispositif médical qui fournit un air enrichi en oxygène.
**Lomé : capitale du Togo, à l'extrême sud du pays. Lomé est à une journée de voiture de Dapaong. C'est un voyage très fatigant de plus de 600 km avec de très mauvaises routes.



vendredi 6 novembre 2015

Et on en parle encore dans la presse nationale...

Interview de Patrick, président de coup de pousse, par Didier Saa, le journaliste de Togo-Pressse





À Dapaong, à l'hôtel du Campement, avec Didier Saa de Togo-Presse


À Nagou, avec Mamah Batouré, président du Rotary Club de Dapaong, le photographe et Michael, devant l'école primaire




lundi 12 octobre 2015

Michel, volontaire du Peace Corps, s'installe pour deux ans sur le Plateau

 

Oui, c'est vrai, voici quelques temps que nous ne vous avions pas donné de nouvelles. En fait, notre été correspond à la saison de pluies là-bas. Et pendant la saison des pluies, la vie de la Région des Savannes se concentre aux champs afin de préparer la nouvelle récolte. Donc, pas de constructions, pas de chantiers, rien qui ne vaille la peine de vous faire une communication sauf... sauf que cette année, en août, celui ou celle que nous attendions et espérions depuis un an, est arrivé : un volontaire du Peace Corps !



Concession de Michel, mise à disposition par l'un des vieux du village


Construction des... latrines privées de Michel !

 

Mais qu'est-ce que le Peace Corps ? 

C'est un organisme gouvernemental international américain. Il promeut la paix et l'amitié et il envoie des volontaires à l'étranger afin d'aider à une mutuelle compréhension des peuples (pff ! tout cela ?). Pratiquement c'est un programme qui envoie des jeunes américains dans des pays qui en font la demande afin de les aider à développer leur programme dans différents domaines (éducation, santé, environnement...)




En 2014, nous avons fait la demande d'un volontaire. On nous l'avait promis. Nous avons donc remis en état une concession (unité de vie avec chambre, douche et cuisine) et lui avons construit des latrines privées. Nous avons attendu plein d'espoir et il est arrivé enfin. Il s'appelle Michel et parle relativement bien le français. Ses domaines de compétence et d'intérêt sont l'agriculture et la sylviculture. Et Michel est très motivé ! Il déborde d'énergie. Patrick* lui a déjà parlé au téléphone et nous avons correspondu par mail. Ce jeune occidental sera d'une aide inestimable pour nous permettre de mettre en place nos projets, expliquer, parler aux populations et aussi soulager Didier, notre correspondant togolais du Rotary Club. Ce jeune volontaire habitera Nagou et nous espérons très fortement qu'il contribuera à ramener ce village dans la communauté du Plateau.

Sa chambre, un confort très sommaire !

Nous brûlons d'envie de faire sa connaissance et nous avons voulu partager avec vous notre impatience. Patrick et moi partons la semaine prochaine au Togo. Nous ferons sa connaissance et allons lui expliquer de vive voix ce que nous attendons de lui. Bien sûr, nous allons aussi remettre en route les projets et écouter les villageois. Mais quand nous repartirons, nous devrions laisser sur place la voix de coup de pousse en la personne de Michel.
Suite dans le prochain billet avec, c'est promis... une photo de notre volontaire  !



*Rappel : Patrick est le président fondateur de coup de pousse. C'est autour de lui et de son énergie que l'ONG s'est formée
Pour en savoir plus : site des Peace Corps (en anglais)

mardi 16 juin 2015

Épilogue : après les albums, les commentaires de notre photograghe



Marguerite a essayé de vous faire partager son voyage à l'aide de son appareil photo. Pour conclure, elle a bien voulu mettre mettre des mots sur ses émotions. Elle vous livre ici ses impressions.

Test d'un lit de repos traditionnel

Le voyage de coup de pousse ou ma première aventure en Afrique Noire 

Je ne vais pas vous mentir, la semaine précédant le départ j’appréhendais un peu ce voyage. Je me disais que je n’allais servir à rien pour l’association, que j’allais être vue comme la petite blanche occidentale qui vient épier comment les gens vivent de l’autre côté de la barrière.  J’avais aussi un peu peur de me confronter à une pauvreté ambiante à laquelle, soyons honnête, je ne suis pas vraiment habituée.
Autant vous dire que toutes ces appréhensions étaient infondées.
Certes je n’avais pas un rôle clé dans le voyage mais Patrick et Florence ont su m’impliquer dans toutes les réunions et réflexions. Et puis j’ai apporté ma petite contribution en mettant au service de l’association mon appareil photo.


Marguerite découvre les grottes de Nok
 

Je débarquais de mon monde privilégié où mes problèmes existentiels se résument à savoir si ce soir je vais courir avec mes copines du handball ou boire un verre avec une autre amie ou si je vais déjeuner au jap’ plutôt qu’à l’italien du coin. En face de moi j’ai eu des gens qui vivent avec pas grand chose voire avec presque rien. Pourtant on ne me l’a jamais fait sentir de façon oppressante, nous avons été accueillis avec une grande gentillesse et surtout beaucoup de dignité. Les villageois ne laissent pas transparaitre facilement leur pauvreté. 


 

Nous sommes allés à Nagou un jour de fête et tout le monde avait revêtu sa plus belle tenue. Il y avait même un enfant en costume de banquier de la City ! Et puis leur sourire, spontané et extrêmement communicatif peut vite faire oublier toutes les différences qu’il y a entre nous. 

 
C’était difficile pour moi au départ de prendre des portraits. Étant d’un naturel timide j’ai toujours peur d’importuner les gens et de violer leur intimité. Peu à peu j’ai réussi à le faire et ce fut un véritable plaisir car il faut admettre une chose : les Togolais savent poser ! Ils ont un « swag » qu’il nous est bien difficile de copier. Que ce soit par leur sourire Colgate, par leur regard très intense ou par leurs expressions inimitables, ils offrent à l’objectif quelque chose d’unique. 

Succès de Marguerite et de son appareil photo

D’un point de vue humain ce voyage était donc très fort. Car en plus des villageois, j’ai fait la connaissance des membres du Rotary Club. 
En effet coup de pousse ce n’est pas 2 yovos (= blancs au Togo) qui débarquent dans un village en balançant des casquettes et des ballons de foot pour faire sourire les enfants. coup de pousse, c’est une association qui réfléchit avec des intermédiaires et volontaires togolais experts dans leurs domaine (santé, génie rural, éducation, agriculture…) sur les moyens les plus efficaces et adaptés à la culture locale pour mener le plateau de Nagou,  Boré, Djapak et Lokpergou à l’autonomie et même à une forme de prospérité. J’ai été frappée par l’importance de ces discussions : sans l’avis et la connaissance de ces experts, avec la meilleure volonté du monde, nous irions droit dans le mur en essayant d’appliquer des solutions bien françaises à des problématiques bien togolaises !

Cela implique beaucoup de circonvolutions politiques, de la diplomatie, du formalisme et donc beaucoup de patience mais c'est le seul moyen d’atteindre l’objectif donné.

Photo volée par des paparazzi : Marguerite se repose en tenue locale et à l'ombre d'un manguier

Cela m’amène à la deuxième force de ce voyage. L’épicière* que je suis a pu assister en live à un business case des plus intéressants. Car coup de pousse est une petite start-up avec un budget, des Key Performance Indicators, une stratégie court-terme et long-terme, des fournisseurs, un plan de communication et une politique RH… C’est fascinant (et souvent une belle leçon) de voir comment cette start-up est gérée par son CEO Patrick et son bras-droit Florence. 

 La troisième force (oui, je suis formatée aux plans en trois parties) de ce voyage fut culturelle. J’ai adoré découvrir cette partie de l’Afrique Noire : les grottes de Nok, la vue depuis Piglou, la pintade grillée, les mangues, le SportActif, le tissu Wax, la nonchalance africaine, les 40°C à l’ombre, les us et coutumes chez les Moba,… J’en ai pris plein les yeux.

Alors, oui, j’ai loupé un cours de marketing pour partir au Togo, mais à la place j’ai eu :
  • un cours de négociation (quand on parlemente avec le chef de village ou avec le préfet, ça nécessite de la flexibilité et des pincettes),
  • un cours de LV3 (je connais au moins 3 mots de Moba maintenant),
  • un cours de SVT (l’agriculture intensive et ses méfaits, la rentabilité de l’engrais et des semences hybrides),
  • un cours de comptabilité (comment gérer la caisse d’entrée des grottes de Nok),
  • un cours de stylisme (je sais porter pagne et boubou comme une vraie togolaise).

Et puis surtout, un très beau et utile cours d'humanisme !


* surnoms donnés aux étudiants des écoles de commerce (NDLR)

mercredi 3 juin 2015

Marguerite nous raconte en images son tout récent voyage au Togo...

Comme Pierre-Louis en septembre 2014, Marguerite, étudiante de 23 ans, a souhaité découvrir sur le terrain la réalité de coup de pousse. Elle nous livre son témoignage en images.
Nous publions donc ici, sur notre page Facebook, un premier album, que notre photographe a intitulé  : « La vie au village ».





mercredi 29 octobre 2014

Pierre-Louis, 22 ans, nous raconte Nagou


Au début du mois, Pierre-Louis, 22 ans et membre de coup de pousse depuis sa création, est allé à Nagou pour la première fois. 
De façon touchante et émouvante, il nous raconte une rencontre...


 

Malgré mon jeune âge, j’ai eu la chance de pouvoir beaucoup voyager et découvrir le monde et ses mille et une cultures. J’ai pu me perdre dans les dunes du désert d’Oman, contempler la faune de la savane tanzanienne ou encore admirer la vue vertigineuse du haut d’un temple maya au Guatemala. Lors de ces excursions j’ai également constaté comment vivaient d’autres populations, bien éloignées du confort parisien. Jusque là, j’étais même convaincu de ma compassion envers ces personnes qui côtoyaient la misère quotidienne. Je me disais que je savais ce qu’ils traversaient, bien que je ne sois pas moi-même dans cette situation. Mais voir ou savoir les choses est bien éloigner du fait d’en avoir conscience.




Quand on fait du tourisme dans un pays relativement pauvre, la misère des habitants fait presque parti du voyage, du folklore inhérent aux lieux et aux paysages si exotiques. On s’émerveille à la vue d’une civilisation différente et l’on s’émeut devant les besoins de la population. Alors, dans un élan de bonté, on donne des sous, crayons et autres objets à quelques enfants qui nous remercient d’un regard brillant, le sourire aux lèvres. Puis on se congratule de notre propre bienveillance. J’ai été et serai sûrement encore cette personne.
Pourtant, aujourd’hui, je n’ai plus envie de n’être que celle-ci, je veux être davantage. Car voilà, il y a quelques semaines, je me suis rendu au Togo avec mon père pour participer à l’avancée de notre association humanitaire coup de pousse.


Pierre-Louis livre avec Martine et Kader (le chauffeur), le matériel pour la cantine


Je ne m’étalerai pas sur tout ce que j’ai pu voir, entendre ou faire ; sur chaque personne que j’ai pu rencontrer qui possèdent, eux, une bienveillance bien autre que celle dont je parlais ci-dessus ; sur chaque paysage représentant une Afrique nous faisant oublier tous nos clichés occidentaux ; ou sur chaque scène de la vie courante, à la fois touchante et terrible. La seule histoire que je veux raconter ici, c’est celle de ma rencontre avec un enfant de Nagou.


Assemblée au village


Pendant plusieurs heures, j’étais resté sur la place du village où sont actuellement les constructions réalisées grâce à l’aide de coup de pousse, à écouter les demandes des jeunes de Nagou (ceux-ci ne voyaient pas souvent un jeune occidental et trouvaient sûrement le « fils du patron » plus accessible pour formuler leurs requêtes). Puis, m’éloignant de la foule et du soleil, je décidai d’aller explorer la partie du village plus « authentique », composée des champs et des habitations. 


La case du nouvel ami de Pierre-Louis


C’est au détour d’un arbre à l’ombre bienfaitrice, qu’un jeune collégien vint me trouver. Je lui demandai ce qu’il voulait, m’attendant à ce qu’il veuille de moi un quelconque objet comme ses camarades. Cependant, celui-ci me dit de le suivre car il désirait me montrer quelque chose : sa maison. Je pus alors voir comment ils vivaient, lui, sa mère et son petit frère, dans une case en terre d’environ deux mètres carré où un nid de mouches avait également élu domicile.



Le fétiche de la famille, objets sacrés, qui ne sont pas montrés à n'importe qui.


Il me présenta aussi fièrement un objet de bois sculpté que j’appris être par la suite une sorte de fétiche animiste protégeant les lieux. Comme cela semblait lui faire plaisir, je pris des photos de tout ce qu’il me montra. Puis je pris l’appareil pour photographier sa mère qui se mit à danser ainsi que son petit frère qui bondissait en riant. Je ne me rappelle pas avoir jamais vu une joie aussi vraie qu’en ces personnes qui savaient que j’emporterai avec moi leurs images en France.

Finalement, le jeune collégien, qui me raccompagna jusqu’à la place, ne me demanda qu’une seule chose : des vélos pour lui et ses quelques camarades qui allaient au collège dans un autre village.


La joie spontanée de la maman de Labelunga

Je ne sais pas encore pourquoi ce souvenir parmi tant d’autres est celui que je désire le plus raconter, mais je suis sûr d’une chose : je ne pourrais jamais enseigner davantage à cet enfant de onze ans, parlant difficilement le français, que ce que lui, m’a appris ce jour là.
Je crois que ton nom est Labelunga mais pour être sûr de ne pas me tromper je dirais simplement : jeune homme de Nagou, merci beaucoup, je veux aider ton village qui m’a donné bien plus que je ne l’ai fait.

Un grand merci à Pierre-Louis de nous avoir fait partager ces émotions et à bientôt pour la suite de cette aventure humaine passionnante...





samedi 13 septembre 2014

Belle-Île-en-trail : J -7 !




Un centième de plus que l'objectif fixé ! Un grand merci et un grand bravo à vous tous, particulièrement à nos collecteurs phares : 36 dons pour l'un et 28 dons pour le suivant.  Merci pour le temps passé à expliquer nos projets, parler du Togo et de Nagou, à envoyer les mails, etc. Atteindrons-nous le chiffre record de 150 donateurs ? On essaie ? Dernière ligne droite avant... le départ de la course, samedi prochain !

Plus qu'une semaine en effet et nos traileurs s'élanceront sur les sentiers de Belle-Ile, avec 400 autres pour courir l'ultra des vagues de 83 km, avec 560 autres pour courir le trail du Ponant de 45 km et avec 560 pour faire la course nature de 15 km (pour info, Sébastien Chaigneau, nº 2 du trail français, prendra le départ de l'ultra).




Mais l'heure n’est plus à l'entrainement (ou juste à petit footing d'entretien) mais bien à vérifier la logistique (billet de train, d'avion. billet de bateau) le matériel (les chaussures, le camel-back..) et puis les barres vitaminées, les Pom'Potes... Un petit oubli, une petite gêne ici ou là  peuvent se transformer en drame et en inconfort majeur lorsqu’on court depuis de heures.



Et puis naturellement, nous avons tous l'oeil rivé sur la météo... qui s'annonce plutôt bonne. Mais restons prudent, une dépression est si vite arrivée !







Et là-bas., à Nagou...


Cela, c'était avant...



... mais maintenant les enfants vont à l'école dans un vrai bâtiment en dur !






N'oubliez pas : il n'y a pas de petit don. Parlez du trail autour de vous, expliquez notre action ! 

Merci à tous pour votre soutien à coup de pousse !

Retrouvez nos coureurs en allant sur leur page :

 


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