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vendredi 6 novembre 2015

Et on en parle encore dans la presse nationale...

Interview de Patrick, président de coup de pousse, par Didier Saa, le journaliste de Togo-Pressse





À Dapaong, à l'hôtel du Campement, avec Didier Saa de Togo-Presse


À Nagou, avec Mamah Batouré, président du Rotary Club de Dapaong, le photographe et Michael, devant l'école primaire




mardi 16 juin 2015

Épilogue : après les albums, les commentaires de notre photograghe



Marguerite a essayé de vous faire partager son voyage à l'aide de son appareil photo. Pour conclure, elle a bien voulu mettre mettre des mots sur ses émotions. Elle vous livre ici ses impressions.

Test d'un lit de repos traditionnel

Le voyage de coup de pousse ou ma première aventure en Afrique Noire 

Je ne vais pas vous mentir, la semaine précédant le départ j’appréhendais un peu ce voyage. Je me disais que je n’allais servir à rien pour l’association, que j’allais être vue comme la petite blanche occidentale qui vient épier comment les gens vivent de l’autre côté de la barrière.  J’avais aussi un peu peur de me confronter à une pauvreté ambiante à laquelle, soyons honnête, je ne suis pas vraiment habituée.
Autant vous dire que toutes ces appréhensions étaient infondées.
Certes je n’avais pas un rôle clé dans le voyage mais Patrick et Florence ont su m’impliquer dans toutes les réunions et réflexions. Et puis j’ai apporté ma petite contribution en mettant au service de l’association mon appareil photo.


Marguerite découvre les grottes de Nok
 

Je débarquais de mon monde privilégié où mes problèmes existentiels se résument à savoir si ce soir je vais courir avec mes copines du handball ou boire un verre avec une autre amie ou si je vais déjeuner au jap’ plutôt qu’à l’italien du coin. En face de moi j’ai eu des gens qui vivent avec pas grand chose voire avec presque rien. Pourtant on ne me l’a jamais fait sentir de façon oppressante, nous avons été accueillis avec une grande gentillesse et surtout beaucoup de dignité. Les villageois ne laissent pas transparaitre facilement leur pauvreté. 


 

Nous sommes allés à Nagou un jour de fête et tout le monde avait revêtu sa plus belle tenue. Il y avait même un enfant en costume de banquier de la City ! Et puis leur sourire, spontané et extrêmement communicatif peut vite faire oublier toutes les différences qu’il y a entre nous. 

 
C’était difficile pour moi au départ de prendre des portraits. Étant d’un naturel timide j’ai toujours peur d’importuner les gens et de violer leur intimité. Peu à peu j’ai réussi à le faire et ce fut un véritable plaisir car il faut admettre une chose : les Togolais savent poser ! Ils ont un « swag » qu’il nous est bien difficile de copier. Que ce soit par leur sourire Colgate, par leur regard très intense ou par leurs expressions inimitables, ils offrent à l’objectif quelque chose d’unique. 

Succès de Marguerite et de son appareil photo

D’un point de vue humain ce voyage était donc très fort. Car en plus des villageois, j’ai fait la connaissance des membres du Rotary Club. 
En effet coup de pousse ce n’est pas 2 yovos (= blancs au Togo) qui débarquent dans un village en balançant des casquettes et des ballons de foot pour faire sourire les enfants. coup de pousse, c’est une association qui réfléchit avec des intermédiaires et volontaires togolais experts dans leurs domaine (santé, génie rural, éducation, agriculture…) sur les moyens les plus efficaces et adaptés à la culture locale pour mener le plateau de Nagou,  Boré, Djapak et Lokpergou à l’autonomie et même à une forme de prospérité. J’ai été frappée par l’importance de ces discussions : sans l’avis et la connaissance de ces experts, avec la meilleure volonté du monde, nous irions droit dans le mur en essayant d’appliquer des solutions bien françaises à des problématiques bien togolaises !

Cela implique beaucoup de circonvolutions politiques, de la diplomatie, du formalisme et donc beaucoup de patience mais c'est le seul moyen d’atteindre l’objectif donné.

Photo volée par des paparazzi : Marguerite se repose en tenue locale et à l'ombre d'un manguier

Cela m’amène à la deuxième force de ce voyage. L’épicière* que je suis a pu assister en live à un business case des plus intéressants. Car coup de pousse est une petite start-up avec un budget, des Key Performance Indicators, une stratégie court-terme et long-terme, des fournisseurs, un plan de communication et une politique RH… C’est fascinant (et souvent une belle leçon) de voir comment cette start-up est gérée par son CEO Patrick et son bras-droit Florence. 

 La troisième force (oui, je suis formatée aux plans en trois parties) de ce voyage fut culturelle. J’ai adoré découvrir cette partie de l’Afrique Noire : les grottes de Nok, la vue depuis Piglou, la pintade grillée, les mangues, le SportActif, le tissu Wax, la nonchalance africaine, les 40°C à l’ombre, les us et coutumes chez les Moba,… J’en ai pris plein les yeux.

Alors, oui, j’ai loupé un cours de marketing pour partir au Togo, mais à la place j’ai eu :
  • un cours de négociation (quand on parlemente avec le chef de village ou avec le préfet, ça nécessite de la flexibilité et des pincettes),
  • un cours de LV3 (je connais au moins 3 mots de Moba maintenant),
  • un cours de SVT (l’agriculture intensive et ses méfaits, la rentabilité de l’engrais et des semences hybrides),
  • un cours de comptabilité (comment gérer la caisse d’entrée des grottes de Nok),
  • un cours de stylisme (je sais porter pagne et boubou comme une vraie togolaise).

Et puis surtout, un très beau et utile cours d'humanisme !


* surnoms donnés aux étudiants des écoles de commerce (NDLR)

mardi 6 janvier 2015

Les grottes de Nok

Panorama des grottes

Petit rappel : ces grottes appartiennent au village de Nagou et sont sur la liste des sites proposés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Elles le méritent mais elles sont mal exploitées et la gestion de la caisse des entrées est malaisée : grille des prix floue, tarifs négociés très aléatoirement, trop de guides (six). Sur le site même, aucune infrastructure n'est prévue pour accueillir les touristes et leur permettre de se désaltérer après la visite. Pas de parking non plus.


Avec le responsable du ministère de la culture et ses adjoints

Nous avons dans nos bagages des affiches et 300 plaquettes à mettre dans des endroits stratégiques. Nous les avons conçues en étroite collaboration avec le ministère de la culture assez tatillon sur certains points. Le lendemain, à Nagou, nous présentons nos documents aux guides officiels et au comité des grottes. Les guides sont six en principe, mais seulement trois sont régulièrement présents aux réunions. En fait deux guides suffisent amplement alors le choix de ceux qui garderont leur job sera donc vite fait. Le troisième larron ne restera pas sur le carreau, il sera guichetier ou tiendra la buvette.


Les guides et les membres des comités découvrent la plaquette




Deux guides, Coulbene et Laré


Ensemble nous allons sur le site, situé à l'entrée du village. Il faut baliser précisément une zone tampon déterminée par le ministère de la culture togolais. Aucune construction ne sera possible dans cette zone. Le guide présent lors de la visite du fonctionnaire nous montre les bornes et Patrick relève les points GPS. Trois magnifiques manguiers poussent non loin. L'emplacement de la buvette est donc tout trouvé. Mais qui dit buvette, dit aussi réfrigérateur, donc énergie. Energie solaire ? Probablement mais à étudier. Il faut également matérialiser l'emplacement du parking, le guichet de vente des tickets, penser à la signalisation routière (en venant de Lomé* aucun panneau n'indique les grottes), à sécuriser les lieux... 







« Raccourci  » de la vallée vers le plateau qui passe le long du site des grottes. Il y a quelques mois, une femme portant un sac de maïs, est tombée. On a dû l'amputer d'une partie de la jambe. Après avoir entendu ceci, est-il encore besoin de motivations supplémentaires pour aménager un chemin d'accès plus facile ?!

Le projet grottes est au budget de 2015 et doit donc démarrer rapidement. Pratiquement il y beaucoup de petits détails à régler. Il y a enfin une dernière dimension à prendre en compte : ce site exceptionnel doit rester beau et être représentatif de l'habitat local (apatame et non tôles ondulées), avoir un minimum de confort (des latrines décentes) et rester propre afin de respecter la beauté des lieux. De quoi bien nous occuper pendant les prochains mois !

* capitale du Togo, à l'extrême sud du pays




Pour en savoir plus

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