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jeudi 19 mai 2016

Comment dénouer des conflits ou une leçon de diplomatie par les jeunes du Plateau



Prosper, Parfait et Patrick en pleine discussion à Dapaong

Ainsi que nous vous le disions dans la dernière Brève de pousseurs, un club des jeunes s'est formé sur le Plateau.

 

La rencontre  avec Parfait

Parfait est un jeune du milieu, il nait au village de Nagou, fait des études supérieures et travaille à Dapaong, la ville proche. Parfait est un jeune homme généreux qui a très à cœur le développement de son pays. À l'époque où nous le rencontrons, nous sommes sur le point de désespérer de faire travailler ensemble les quatre villages, Nagou, Lokpergou, Djapak et Boré. Car malgré la com intensive, les réunions de sensibilisations, les harangues et explications de Patrick, on en revient toujours aux mêmes arguments, aux vieilles querelles...  Ajouté à cela des rumeurs qui circulent et nous obtenons un superbe Clochemerle togolais. Impossible d'avancer et de les faire travailler ensemble. Pour nous, c'est l'impasse !



Première réunion du groupe à Dapaong

Création du club

Puis en écoutant Parfait, et plus tard son cousin Prosper, et en constatant leur motivation et leur dynamisme, Patrick a une idée lumineuse : créer un club de jeunes instruits issus des quatre villages, habitant encore ou n'habitant plus au village mais y ayant des liens très forts. Tous y auraient de la famille, des « petits frères » auxquels ils voudront donner les meilleures chances de réussite. Parfait se charge de les recruter, trois par village avec si possible la parité homme-femme. Et voilà ! Le club des jeunes du plateau est né.
En avril nous nous rencontrons et leur expliquons les tenants et les aboutissants de l'opération maïs, le projet de construction de collège et la nécessite de trouver un site commun... Ces jeunes comprennent vite, pas besoin d'expliquer longtemps. Ils ont un énorme avantage sur nous : ils peuvent tenir des propos que nous ne pourrions jamais tenir, ils sont au courant des rumeurs, des vieilles querelles dont nous ne soupçonnons pas l'existence.
En bref ils peuvent faire la morale à leur parents, démontrer aux vieux du village qu'il faut accepter le changement et oublier les rancœurs.



Au village, Joel, le nouvel agent de développement (cf Brèves n°3 p.3), aide les jeunes à s'organiser


Le miracle a lieu !

Un signe qui ne trompe pas : les jeunes décident que la première réunion aura symboliquement lieu à Nagou, le siège de la résistance. Ensuite ils font réunion de sensibilisation sur réunion de sensibilisation (plus efficaces que les nôtres on dirait 😏 car nous avons commencé à en sentir les effets lors de notre dernier voyage en avril).  Enfin, cerise sur le gâteau de cette communication intensive, une réunion des chefs de village et de groupes des 4 villages a lieu à Nagou. L'objet de la réunion ? Trouver un consensus sur le lieu de construction du collège commun. Ce que nous cherchons à faire depuis des mois sans jamais y arriver !
Ah ! Bien sûr, il y a encore à faire mais grâce à ce groupe dynamique et motivé nous allons réussir à faire par la diplomatie et le consensus ce que nous n’aurions jamais résussi à faire autrement.

Chapeau et merci les jeunes !


Nota bene :
Il est quand même un domaine où, à mon grand désespoir, ce groupe de jeunes est un échec retentissant : sa composition qui exclusivement masculine. Les femmes sont mariées à cette âge et sous l'autorité de leur mari. Elles n'ont donc pas entièrement la liberté d'aller et venir à leur guise. De plus les femmes sont nettement moins éduquées que les hommes, il est donc très difficile de trouver des candidates. Mais j'ai confiance en Parfait, même s'il n'y en a qu'une, il la trouvera !



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lundi 25 avril 2016

20 km de lausanne : ils l'ont fait !


Froid, averses de neige et côtes à n'en plus finir : nos deux collecteurs ont brillamment terminé leur course.





Juliette (10 km)  :  51'33" 

175e sur 1663 en F senior –  456e sur 4376 femmes


 
Juliette : record personnel battu sur les 10 km !

Commentaires à chaud :
« Une très bonne course, une bonne ambiance, des supporters tout du long  mais des coureurs pas très bavards » «
« J'ai beaucoup aimé les carottes au ravito de l'arrivée ! »
« J'ai battu mon record des 10 km »


Elle a bien mérité sa jolie médaille !



Pierre-Luc (20 km)  :  1'45"54  

14e sur 38 en H65 – 2641e sur 3554 hommes

 

Commentaires à chaud :
« J'ai couru une trentaine d'éditions mais c'est la première fois que je la fais sous la neige »
« Je revois les mêmes personnes d'année en année... je retrouve un copain d'études avec qui j'ai fait l'EPFL* ... on ne se voit que là. »
« Quand je montais à la cathédrale, j'ai entendu un spectateur me traiter d'homme des cavernes... il faisait froid et je portais un bonnet où il était écrit Crédit Suisse **! Cela m'a fait rire. » 

page de campagne des 20 km de Lausanne

page de collecte de Juliette

page de collecte de Pierre-Luc




 Pas de photos de Pierre-Luc, je vous l'ai dit, il file comme le vent et votre photographe amateur n'a pas réagi assez vite 😟.
Un grand merci à tous deux qui ont collecté, grâce à cette course, 1285 €, presque la moitié de la somme nécessaire à la réfection du forage de la cantine du village de Nagou. Bravo pour la performance et merci pour la générosité ! 
Prochain rendez-vous sportif : Belle-Ile-en-Trail mi-septembre prochain.

*EPFL : École polytechnique fédérale de Lausanne. ** Crédit Suisse : ces bonnets sont très datés et très reconnaissables pour un public suisse. Inusables, ils datent d'il y a une trentaine d'année du temps où cette banque soutenaient des actions sportives. Le spectateur a voulu s'amuser au dépend de notre coureur 😏



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mercredi 3 juin 2015

Marguerite nous raconte en images son tout récent voyage au Togo...

Comme Pierre-Louis en septembre 2014, Marguerite, étudiante de 23 ans, a souhaité découvrir sur le terrain la réalité de coup de pousse. Elle nous livre son témoignage en images.
Nous publions donc ici, sur notre page Facebook, un premier album, que notre photographe a intitulé  : « La vie au village ».





samedi 31 janvier 2015

Pacte d'aide aux villageois : enfin signé !






SIGNÉ ! C'était l'un des objectifs de notre voyage de décembre. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Qu'est-ce donc que ce pacte (PAV) ?
On ne l'a presque jamais mentionné dans nos publications précédentes mais c'est un document très important pour nous, l'aboutissement d'un an de sensibilisation. C'est un document contractuel certes, mais pas seulement cela, c'est aussi une démonstration et un symbole.

En premier lieu, c'est un contrat entre toutes les parties en présence : coup de pousse, les villageois, représentés par le chef de village et les présidents des comités, les autorités administratives et le Rotary club de Dapaong. Un document où les droits et les devoirs de chaque partie sont écrits en clair et signé par tous : coup de pousse s'engage à trouver des bailleurs, les autorités administratives (préfet, direction du ministère de la culture, chef de canton) s'engagent à nous faciliter les démarches et à nous soutenir, les villageois à respecter le plan de développement local élaboré ensemble. Un document important, oui, mais dont le côté contractuel, finalement, est presque accessoire.

Car ce PAV, c'est aussi une démonstration, la preuve que nous pouvons, en unissant nos énergies, arriver faire quelque chose de très compliqué ensemble. Car ce n'est pas toujours facile de se comprendre entre les villageois, les rotariens et nous, les « Yovos* », qui arrivons pleins de bonne volonté : différence d'éducation, de milieu, de culture, de façon de mettre en œuvre des projets. Culture française d'entreprise et culture africaine, deux mondes très différents. De plus à Nagou, ce n'était pas gagné d'avance car il y a trois clans, pas toujours d'accord ensemble. Il faut alors faire primer l’intérêt général et là, l'apport du RCD** et des autorités ont été primordiales. Sans toute une campagne de sensibilisation très lourde qu'ils ont menée sans relâche, nous n'aurions jamais abouti au pacte. Trouver des fonds est relativement facile, mais lutter contre la pauvreté implique une éducation réciproque de toutes les parties en présence, et le PAV est l'aboutissement de cet apprentissage mutuel (et d'erreurs réciproques).

Le PAV, c'est enfin un symbole, car c'est tout tout un village qui s'engage. C'est d'ailleurs peut-être le seul document que certains villageois signeront dans leur vie. C'est le symbole de leur appropriation du projet. C'est leur projet, projet qu'ils vont partager avec les trois autres villages du plateau (Djapack, Boré et Lockperdou avec lesquels il faudra s'entendre sur les sites du futur collège et de la future unité de soins de proximité (USP). Car chaque village signera un PAV. Et pour les autorités, c'est le symbole très fort de leur engagement et de leur promesse de non-récupération des projets à des fins politiques, un document unique pour eux et tout à fait inhabituel.

Voilà, maintenant, yapuqu'à !


Rassemblement du village sous les manguiers


* Yovos : surnom que nous donnent nos amis togolais, les Blancs, quoi !
** RCD : Rotary club de Dapaong



Pour en savoir plus

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