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vendredi 10 novembre 2017

Raid avion : épilogue, le témoignage des acteurs


Au dessus de l'Atlas, ces montagnes d'Afrique du Nord presque aussi hautes que les Alpes


Laissons parler ceux qui ont vécu cette aventure...

Patrice B :
« Violent, le retour à la civilisation !
Vous avez peut-être suivi notre périple à travers l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina-Faso et finalement, le Togo, notre terre d’arrivée.
Je passerai rapidement sur les tracasseries administratives qui ont fait que nous n’étions pas loin de passer plus de temps sur les tarmacs qu’en vol (je n’exagère pas) : élaboration des factures de taxes d’atterrissage, (entre 30 et 45 minutes par facture), le règlement des taxes (ce n’est pas le même bureau), la recherche sur l’ordinateur des aérodromes de provenance et de destination (je n’en connais pas le nombre mais il faut savoir qu’en Afrique ils ne sont pas classés par ordre alphabétique d’où une recherche au hasard), l’obtention d’une météo (tout est manuel et prend environ une demi heure), sans parler des formalités de police et de douane… Et ce, à chaque atterrissage !


Une concession, des cases regroupées où vit toute une famille.

Il faut maintenant remplir les réservoirs d’essence : acheminement de fûts commandés à l’avance, à condition que l’impétrant soit sur le tarmac, et remplissage des réservoirs au moyen d’une pompe à main, dans le meilleur des cas !
Mais tout ceci avait un but : atteindre Dapaong, dans le nord du Togo, sur une piste en latérite et rencontrer les populations pour lesquelles nous nous sommes (vous vous êtes) tant mobilisés.
Une fois de plus à cause d’une tracasserie qui nous a retenus à Niamtougou (aéroport douanier sur lequel il nous a fallu poser nos roues pour officialiser notre entrée au Togo et pour lequel il nous a été demandé une somme astronomique, provoquant la colère justifiée de Patrick), nous avons redécollé pour Dapaong, à 80 minutes au nord-ouest et nous y sommes posés aux dernières lueurs du jour.


La nuit tombait mais ils étaient bien là !

La récompense était à la hauteur de nos efforts : environ 1000 ou 1500 villageois nous attendaient au rythme de tam-tam et de danseurs en costumes traditionnels, à la nuit tombante. La ferveur et la chaleur de cet accueil étaient la manifestation évidente d’une reconnaissance qui s’est confirmée à maintes reprises par la suite. Dapaong est une ville (plus de 30 000 habitants) et constitue le port d’attache pour les actions de coup de pousse. En réalité, ces actions concernent des petits village situés sur les plateaux avoisinants, éparpillés au milieu de la région des Savanes et dont la pauvreté est saisissante.
Notre rencontre avec ces populations fut particulièrement émouvante tant l’expression reconnaissante de ces enfants pour notre (votre) action était palpable. Le discours percutant du Président du Rotary de Dapaong, Didier, un togolais brillant, devant tous ces enfants et relais local du programme, fut, à ce titre, très éloquent.

Toujours beaucoup d'enfants curieux

Évidement on ne revient pas indemne de ce genre d'expérience. Ce monde de l'ONG fut pour moi une découverte (il n'est jamais trop tard) et j’ai été impressionné par le travail déjà réalisé : forage de puits, construction de bâtiments pour une maternelle, un collège, une cantine, des latrines... et ce depuis plusieurs années par une équipe pour le moins réduite (Florence et Patrick). J'ai été impressionné par la volonté et le courage des habitants pour utiliser au mieux l'aide qui leur était apportée en ne la considérant pas comme une fin en soi mais comme un complément à une tâche qu'ils devaient accomplir eux-mêmes.
Je suis très heureux si grâce à vous, j'ai peu apporter un petit caillou à cet édifice. La tâche est loin d'être achevée. Serait-ce le commencement d'un nouvel ouvrage ?
À suivre... »




Et puis, une fois n'est pas coutume, le président-fondateur de coup de pousse témoigne. Découvrez plutôt :

 

Patrick  :
« Aller là où personne ne va, survoler des lieux aux noms évocateurs, Nouadhibou, Mogador (Essaouira maintenant), Cap Juby, Ouagadougou, la fascination de surfer avec les dunes, survoler des régions « inhospitalières », vivre « un peu » l’émotion de nos pères de l’aéropostale, voir l’émerveillement des petits, mais aussi des grands devant ces tous petits avions qui viennent de si loin, partager des moments uniques avec des amis, l’aventure a toujours un prix. Pour la nôtre, je dirai :
 
Patience +  Persévérance + Solidarité = Aventure

Patience...

La patience, c’est tous les jours se lever à 5 heures du matin, se coucher à minuit, ne pas avoir le temps de déjeuner, voler 5 ou 6 heures et le reste du temps, gérer les formalités, autorisations de survols, payer les diverses taxes d’atterrissages, de stationnement, appeler l’essence qui est en train de faire le plein d’un liner avant de venir nous voir, qui n’a pas de véhicule pour transporter les fûts auprès de nos avions, de protéger les machines le soir d’un éventuel vent de sables, d’attendre les autorités pour faire les formalités de police et de douanes (ce n’est pas la même chose), etc.

Persévérance malgré la fatigue...

La persévérance, c’est d’expliquer que nous ne sommes pas des airbus A380 avec des passagers, mais un raid humanitaire et que nous n’avons pas à payer des frais de handling extravagant, d’expliquer à notre cher pompiste surnommé affectueusement « Neuneu » qui refusent de nous servir de l’essence au prétexte  que nous ne pouvons présenter un k-bis d’entreprise alors que nous sommes des privés, c’est de négocier en vol avec les autorités mauritaniennes l’autorisation de survol qu’ils nous ont donnée par écrit et qu’ils nous refusent au moment de franchir la frontière.
 
Solidarité

La solidarité, c’est le sacrifice de Marc et de Claude qui ont laissé leur place dans les avions à des jerrycans d’essence entre Dakar et Ouagadougou pour permettre aux autres de passer, c’est vous tous les donateurs, petits et grands, qui ont fait que notre levée de fonds a dépassé toutes nos espérances et a légitimé ce raid solidaire…

C'est le retour au bercail !

 



Alors, oui, ça a été tout ça notre aventure, et nous ne l’aurions manqué à … aucun prix 😉 »









 



  

Et puis encore... 




Jean-Luc : 
« Merci pour nous avoir proposé cette belle aventure avec Alain et nous avoir guidé vers cette destination. Une belle réussite, inoubliable. La volonté générale, un partage et une solidarité ont permis de faire aboutir ce projet et nous faire rencontrer ces populations. »

Claude :
« Jamais je n'avais pensé participer à un tel périple . J'avais suivi les précédents grâce aux balises et le vivre était inespéré pour moi. Des images plein la tête. Mais cela s'est réalisé grâce à Alain et Patrick... Un grand merci »
 
Marc :  
« Jusqu’à la fin de mes jours (le plus tard possible) je me souviendrai de ce périple et de vous tous et du contexte... quelle leçon de vie ! Petit clin d’œil à Alain sans qui je ne serais jamais parti, et à Patrick sans lequel nous aurions pas poursuivi... »
 
Amina et Amadou contrôleurs de la tour de Kayes, Mali. 

Patrice D. : 
« A mon tour de remercier pour cette aventure qui m’a fait découvrir une facette de l’Afrique administrative dont je ne soupçonnais pas l’existence. Ce voyage a été l’occasion de rencontrer des personnages   attachants (je pense notamment a Neu-Neu 1er de Jéres, au chef de la douane de Dakhla etc.) Merci encore et je me porte volontaire pour une autre virée ! »





Voilà, chers lecteurs, c'est fini ! Maintenant tout le monde se repose un peu afin de pouvoir repartir de plus belle. 

Grâce à vous tous nous avons collecté 10375€ qui viennent en complément de la dotation de 25000€ de la Fondation Air France et assurent la construction du collège et son équipement en plaques solaires. 

Merci et à bientôt !
 
Objectif collège !


Note importante : comme à l'accoutumée, les frais dont parlent les pilotes ont été assumés entièrement par eux-mêmes et en aucun cas par vos dons.

 

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dimanche 2 octobre 2016

Le témoignage de Marguerite : un billet sur l'oubli, la joie et les courbatures.

(Temps de lecture : 3 minutes si vous faites semblant, 5 minutes si vous êtes rapide​, 7 minutes si vous le lisez avec le café et 20 minutes si... non, là vous vous êtes juste endormi.)


Résumé : 

Avant : ​​« Mais pourquoi j'ai dit que je le courais ? » Et ​​« Des sous pour le Togo s'il vous plaît ! »
Pendant :​​ « Aïe » et​​ « Oh ! c'est beau »
Après : ​​« Merci beaucoup pour les dons ❤️ » et ​​« C'est quand le prochain ? »

J+15

La vie quotidienne a repris son allure à 4:55 min du km (margueblague de runneuse) et on p​ourrait croire que j'ai oublié qu'il y a même pas deux semaines j'accomplissais mon objectif de l'année : courir les 45 km du trail de Belle-Ile (1). Mais en fait, non.
A été effacée de ma mémoire la semaine de doute précédent le week-end du trail :​​ « Je suis pas prête. Je vais pas y arriver. Je vais dépasser la barrière horaire. Je vais me blesser. » Ont disparu de mon esprit les minutes d'angoisse juste avant le départ : ​​«Mais qu'est ce que je fais là ? » Sont ​partis ​aux oubliettes les moments de souffrance pendant le parcours :​​ « Non ​i​l reste encore une montée ? Mais nooon.​ ​J​'​e​n​ peux plus là. Mes cuisses peuvent plus. »

   Et qu'est ce qu'il reste ?

  • la beauté des paysages qui nous entourait​ ;​
  • le sourire des bénévoles jamais lassés de tendre les mêmes bouteilles de ​b​reizhcola à des traileurs grimaçants, suants et pressés ;
  • les encouragements des spectateurs qui ne se contentaient pas de supporter leur coureur mais sacrifiaient leur voix pour tous les participants ; 
  • les ​six​ heures de course partagée avec un frère quasi-australien que je vois seulement une fois par an ; 
  • les pleurs de bonheur et d'incrédulité (2) dans la descente qui mène à l'arrivée ; 
  • la fraicheur de la Corona que mes deux copines attentionnées m'ont tendue deux minutes après la fin de la course (3)
  • la fierté de voir mon père faire un meilleur chrono que ses enfants (4) pour son dernier trail et de voir mon oncle finir son premier trail de 45k ; 
  • la joie de voir courir sur différentes distances mon père, deux de mes frères, ma future belle-sœur, mon oncle, ma cousine et ma tante ; 
  • et enfin, on ne va pas mentir, restent aussi gravées dans ma mémoire les courbatures et la fatigue musculaire (qui ont du mal à partir).
Vous vous dites : « Il manque quelque chose dans son récit. » Évidemment, et il manque même l'essentiel !

 

 Car surtout, surtout, ce qu'il reste ​:​

  • ce sont ces 1180€ que vous avez eu la générosité de donner à coup de pousse via Emma et moi ; 
  • ce sont ces ​presque 22000€ que notre groupe d'une vingtaine de traileurs a récoltés ; 
  • c'est cette envie d'école primaire qui devient concrète dans l'esprit des enfants et des parents du village de Lokpergou ;
  • c'est cette idée que certes la course c'est individuel et un peu débile mais que toute chose stupide peut avoir une finalité​ utile​ si on y s'y attelle ; 
  • et enfin c'est cet élan pour coup de pousse qui n'a pas commencé avec cet école et qui ne s'arrêtera pas en si bon chemin.
Qu'est ce que j'entends ? Un collège ? Pour 2018 ? Bon, ben il va peut-être falloir courir le 83 bornes cette fois ci (5)...
À dans deux ans alors
 
          Marguerite 


(1)  Surtout quand on me voit essayer de courir Paris-Versailles comme si j'avais les jambes toutes fraîches.
Découverte du week-end : il faut plus que 7 jours pour se remettre d'une course de 6h30.
(2)  «Déjà ?! Enfin ?! »
3)  Astuce : les packs de froid pour douleurs articulaires sont très pratiques pour garder la bière au frais.
(4)  Pour info la sœur est arrivée devant le frère. C'est important de le préciser.
(5)  Plaisante ou plaisante pas ?

 

Photothèque :

 
Les frères, la belle-sœur to be et le père.


« Face à la mer. Calo, Passy trop jeune pour mourir. » Référence chanson francophone génération Y.


Trop-plein d'émotions et d'endorphines à à l'arrivée.

Ils sont prêts.

L'école primaire actuelle, y a du boulot !


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lundi 26 septembre 2016

699 km de parcourus et 22.456 €* de collectés !





La veille, avant la pasta-party. Il a été remis à tous, coureurs et accompagnateurs un brassard aux couleurs de coup de pousse

  • 1 volonté farouche,
  • 25 coureurs pour coup de pousse,
  • 699 km parcourus,
  • près de 2000 inscrits sur les 4 courses,
  • 22546 € de collectés,
  • 210% de l'objectif de départ,
  • 3,5kg de pâtes de cuisinées pour la pasta party,
  • 3 classes de primaire et 192 enfants de Lokpergou qui à la rentrée prochaine auront une vraie école en dur !
Et puis aussi, en vrac : une belle place de 108e pour Alexandre qui finit l'ultra de 83km en 10h11, un podium pour Fabien (19km), 3e dans sa catégorie V1, une place de 4e dans sa catégorie pour Aline sur le 9km,  Olivier qui boucle un 45 km alors qu'il n'a découvert le trail que lors de l'édition 2014, 57 dons pour Pierre, notre médaille d'or des collecteurs, deux traileurs tout juste papa, deux mariages annoncés chez les coureurs, une retraite sportive anticipée...
Et toujours, toujours : une formidable solidarité, un plaisir immense à passer la ligne, à être ensemble et à partager ces moments forts !

* Aux sommes qui s'affichent sur notre page de campagne gérée par Alvarum, s'additionnent les divers chèques que nous avons reçus directement sans passer par la plate-forme de collecte de fonds. Ainsi Patrick et Aline en ont collecté en réalité 2385€ et non les 585€ annoncés.


Reportage photos 

25 coureurs sur 4 courses différentes : difficile de tous les suivre et de les prendre en photos malgré l'aide de nos paparazzi amateurs. Voici ce que nous avons pu saisir au vol :


Ils trépignent tous d'impatience...


Les traileurs des 9 km : Charlotte, Marianne, Aline et Camille. Au milieu, impérial, domine Jean-Marie, bellilois et Togolais.












 Enthousiaste et pleine d'entrain au départ, Marianne l'est tout autant à l'arrivée de ses 9km de trail !


Camille, de son léger pas de gazelle, franchit l'arrivée des 9km le sourire aux lèvres.


Patrick à l'arrivée des 19km avec sa groupie préférée, Aline, qui a terminé un peu auparavant ses 9 km.

Une amie encourage Dominique

Dominique, Philippe et Olivier avant le départ du 45km

Pierre déroule sur le 45km, de crique en crique et dans un paysage qui fait rêver. Il est arrivé l'avant-veille d'Australie. Il terminera porté par un mental d'acier et par les 57 donateurs qui ont cru en lui.


Pfff ! 45km ? Elle est où la difficulté ?!


Aaaah! Mettre les pieds dans l'eau après 45 km et savourer une Corona bien fraîche apportée par les copines !


Thibault et Corentin, sur le 83 km. Benjamin, Marine et Raphaël, déjà douchés et changés après leur 19km, viennent les soutenir au ravito de Sauzon.




Et le lendemain...



Petite séance de cryothérapie dans l'eau froide



Merci à tous pour votre soutien, vos dons, vos mails, textos, whatsap et autres encouragements qui nous sont allés droit au cœur. Grâce à toute cette énergie déployée nous avons pulvérisé notre objectif initial et avons les fonds pour financer le projet total. Cela veut dire que nous pourrons non seulement construire les bâtiments, les latrines et réaliser le terrain de sports mais aussi équiper complètement l'école avec les tables-bancs et lui fournir le matériel scolaire nécessaire. Fabuleux résultat grâce à vous tous !
Patrick, Emmanuelle (pousseuse de la première heure) et moi partons au Togo dans trois semaines, ce sera juste l'époque de la rentrée scolaire là-bas.

Rdv donc dans quelque temps et à bientôt...





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mercredi 13 avril 2016

coup de pousse en course : J - 11 !






Vous vous rappelez ? 
Septembre 2014 à Belle-Isle-en-Mer : 15 coureurs généreux et motivés courent pour réunir des fonds afin de construire deux citernes de récupération d'eau pour l'école primaire de Nagou.
Aujourd'hui coup de pousse récidive et l'action se passe à Lausanne. Comme son nom l'indique, c'est dans cette charmante ville suisse que se déroule l'évènement des 20km de Lausanne dont ce sera la 35e édition.

Pourquoi coup de pousse aime le sport ?

Le sport vient en renfort des valeurs que nous cherchons à véhiculer. Des valeurs non liées à la performance mais qui prônent le dépassement de soi, le respect de l'adversaire, l'esprit d'équipe, le goût de l'effort et la solidarité. Une vision humaniste que nous retrouvons très bien chez nos amis togolais du Rotary Club de Dapaong, adultes responsables et citoyens engagés.


Quand ? 

Le dimanche 24 avril, Juliette et Pierre-Luc vont parcourir Lausanne de part en part, en courant 10 km pour l'une et 20 km pour l'autre. Lausanne est une jolie ville au bord du lac Léman qui a une particularité de taille : les rues sont toutes en pente ! Même si c'est une course urbaine, nos coureurs solidaires auront donc du dénivelé à avaler ! 

Leur objectif de collecte?

L'objectif de la collecte est de réunir une partie des 2800€ nécessaires à la réparation d'un forage. Ce forage a la particularité de desservir la cantine que nous avons créée en 2014 à Nagou. Il n'est pas très productif mais il est suffisant pour les besoins de la cantine. Les mamans, bénévoles, n'auront plus à aller faire la queue dans celui du village, plus éloigné mais qui produit abondamment. Il sera réservé exclusivement aux besoins de la cantine.


Les collectes

Encouragez-les, allez sur leur page de collecte et soutenez-les. Ils en sont déjà à 91% du montant total mais les objectifs de course comme de collecte peuvent être dépassés, c'est bien connu ! 

page de campagne des 20 km de Lausanne
page de collecte de Juliette
page de collecte de Pierre-Luc
 
Juliette et Pierre-Luc, bravo ! Et merci  à tous ceux qui les soutiendront.



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dimanche 27 mars 2016

Coup de pompes, coup de main, coup de pousse !




 Ils sont jeunes, ils sont sportifs et ils sont solidaires !

Lorsque Marguerite, 24 ans, est allée au Togo l'année dernière, elle avait été frappée par le dénuement des villageois. Ce qui semble être un équipement de base pour nous, est un luxe pour eux. Alors, lorsqu'elle a entrevu une façon d'aider ces villageois et de leur procurer un peu de confort, elle n'a pas hésité.
 Et hop ! La machine s'est mise en route. Une sorte de tam-tam parisien a démarré. Elle s'est adressée à son groupe de course et leur a demandé leurs tshirt de sport inutilisés (il faut savoir que ces sportifs sont presque tous des cadors de la course à pied, des stakhanovistes de l'effort : un semi-marathon par-là, un 10 km par-ci et de temps en temps un marathon pour faire bonne mesure). Presque toujours, le lot de participation à ces courses est un tshirt... qui finit par dormir au fond d'un placard. Quant aux chaussures de running, la qualité de l'amorti s'usant vite, elles prennent, pourtant encore en bon état, le même chemin et rejoignent les tshirts inutilisés. 
Une partie du résultat de la collecte de Marguerite est sur la photo : 34 paires de chaussures et 211 tshirts. Et la collecte totale n'est pas tout à fait terminée.
La récompense de ces jeunes ? Ce serait de voir une photo des villageois arborant fièrement un tshirt du marathon de Paris ou du trail de Jouy-en-Josas ou encore des 10 km de l'Équipe !

Notre challenge à nous va être d'apporter tout cela là-bas, mais avec une franchise de bagages de 2x23kg, on devrait y arriver...

Qui a dit que les jeunes ne savait que liker sur Facebook ?! Quand ils s'enflamment, cela déménage, et nous, on aime cela ! Merci à tous.






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mardi 17 mars 2015

La Stratégie avancée et Nagou qui fait la tête.


Un habitat dispersé qui oblige à de longs trajets à pieds pour avoir accès aux soins

 

Les USP

L'accès aux soins est donc très difficile pour les villageois. 
Ces dernières années l'état togolais a introduit une notion nouvelle : si le malade ne peut aller vers la Santé, c'est elle qui ira vers lui. C'est ce qu'il appelle la Stratégie avancée, avec les USP * qui sont des postes avancés des hôpitaux dans la savane. Pas encore de quoi triompher car dans l'USP il n'y a qu'un infirmier, une matrone (sage-femme) et deux auxiliaires de santé (équivalent de nos secouristes). Mais au moins ce personnel est diplômé, qualifié et dispo 24h/24h. 


USP de Bogou dont dépend Nagou


Malgré tout, ces USP sont loin, parfois très loin. De Nagou, Patrick et moi sommes allés à Bogou dont dépend le village. Nous l'avons fait à pied, leur moyen de locomotion habituel. Il a fallu une heure en marchant d'un bon pas, par un sentier caillouteux et escarpé. J'ai essayé d'imaginer une femme enceinte, faisant la route pour une consultation prénatale. Du grand délire ! Au Togo, on se débrouille mais c'est rude, très rude. Alors les grossesses ne peuvent pas être suivies, la croissance des enfants non plus, les accouchements se font dans des conditions intolérables (les femmes descendent à moto par la route vers l'USP si elles peuvent, sinon y vont à pied). Comme si leur quotidien n'était pas assez difficile comme cela ! 


Séverin explique le centre de consultations de Stratégie avancée

 

 

Une salle de consultation pour le Plateau

L'idée que développe Séverin est de poursuivre la Stratégie avancée en construisant une salle de consultations sur le plateau. Le personnel soignant y monterait une fois ou deux fois par mois et ferait les consultations sur place. L'objet de la réunion de ce samedi à Boré avec les auxiliaires de santé des villages (un par village), les chefs de villages et chefs des comités du développement villageois (CVD) est donc de leur expliquer clairement la situation. Il faut choisir judicieusement le lieu de construction de cette salle de consultations afin que dans quelques années (deux, trois ?) l'état togolais la transforme et construise une USP qui desserve tout le Plateau. Une USP a besoin d'un forage à moins de 300m qui lui soit exclusivement dédiée et elle doit être facile d’accès. Ensuite l'état a besoin de... statistiques qui justifient la construction du bâtiment et les salaires du personnel à payer.


Les vieux du village de Boré

 

Nagou, le mauvais élève

Deux jours avant la date de la réunion, nous avons consulté les quatre villages sur le sujet : Djapak, Boré, Lockpergou et Nagou. Nous nous sommes assurés de leur adhésion au Pacte d'aide aux villageois, nous sommes enquis de leurs besoins spécifiques, et leur avons demandé s'ils s'étaient mis d'accord tous les quatre pour trouver un terrain adéquat pour construire la salle de consultation (nos amis rotariens avaient préparé le terrain). À Nagou, nous avons senti des tensions. Nagou se comporte en village capricieux et gâté : querelles de clochers, politique, fortes têtes, familles influençables, tout se mélange pour faire que Nagou décrète qu'il n'est pas d'accord sur l'emplacement choisi. En fait, on s'aperçoit que le village ne veut pas nous partager avec les autres et fait de la résistance à la nouvelle politique de communauté de communes. 


Dans le reste d'un champ de coton : sèche-linge 100% développement durable


Nous sommes un peu déçus. Il nous semblait que  Nagou avait jusque là montré une belle cohésion et un bel esprit communautaire. Didier, notre contact rotarien, est furieux après eux et leur dit qu'ils devraient avoir honte. Car en plus, les villageois n'ont pas presque pas participé aux travaux communautaires de la construction de l'école non plus, entorse flagrante à leur partie du contrat. La discussion tourne en rond et nous partons en claquant la porte (virtuelle car nous sommes sous le manguier !)
Malgré tout cela, nous sommes persuadés qu'ils seront à Boré pour la réunion de samedi avec Séverin. Séverin est médecin et ce n'est pas tous les jours qu'un médecin se déplace pour eux, et puis le projet est important.


Centre du village de Boré


Mais samedi, personne de Nagou. Les trois autres villages sont présents. Finalement, nous faisons jouer le principe démocratique et le projet continue d'avancer. Nagou pourra revenir quand il veut, pas question de lui fermer la porte, mais on ne bloque pas tout à cause de lui.
Séverin inspecte le terrain choisi. Le forage est à 250m, ce n'est pas l'idéal mais cela passera sans doute. Boré est bien placé par rapport aux autres villages et sa situation est centrale. La route n'est pas loin mais elle est en très mauvais état. Nous sommes arrivés en 4x4 et heureusement Kader, notre chauffeur, conduit très bien. N'ayant jamais fait que du tout-terrain de citadins-qui-veut-se-faire-des-frayeurs-sur des-chemins-de-terre, je suis atterrée par son état. Il y a un gros travail de cantonnier pour l'améliorer. Ce sera le premier test de la bonne volonté communautaire des villageois. Nous prévoyons de fournir pelles, barres à mines et brouettes + consultation technique d'un spécialiste et hop ! le projet va pouvoir démarrer. L'administration togolaise a toujours des expressions très imagées pour toutes les situations. Ce genre de travaux est appelé THIMO : très haute intensité de main d'œuvres. Une appellation tout à fait justifiée !

Moment de détente : Patrick essaie de lance-pierre du CVD de Boré. Les oiseaux n'ont pas eu trop peur !

 Pour décevant qu'ait été le comportement de Nagou, on retiendra l'attitude positive et soudée des trois autres villages (en réaction à celle de leur voisin ?). Et puis, malgré leur refus de participer à la réunion à Boré, il semble que la position des villageois de Nagou se soit un peu assouplie. Nous avons appris que le samedi de la réunion, ils avaient repris les travaux communautaires qui leur incombaient pour la construction de leur école primaire. 
On ne peut trop leur en vouloir : Clochemerle, on connait aussi en France. Alors pas de raison qu'on ne surmonte pas cette difficulté !


* USP : unité de soins périphériques l'équivalent de nos anciens dispensaires


samedi 31 janvier 2015

Pacte d'aide aux villageois : enfin signé !






SIGNÉ ! C'était l'un des objectifs de notre voyage de décembre. Mais de quoi parle-t-on au juste ? Qu'est-ce donc que ce pacte (PAV) ?
On ne l'a presque jamais mentionné dans nos publications précédentes mais c'est un document très important pour nous, l'aboutissement d'un an de sensibilisation. C'est un document contractuel certes, mais pas seulement cela, c'est aussi une démonstration et un symbole.

En premier lieu, c'est un contrat entre toutes les parties en présence : coup de pousse, les villageois, représentés par le chef de village et les présidents des comités, les autorités administratives et le Rotary club de Dapaong. Un document où les droits et les devoirs de chaque partie sont écrits en clair et signé par tous : coup de pousse s'engage à trouver des bailleurs, les autorités administratives (préfet, direction du ministère de la culture, chef de canton) s'engagent à nous faciliter les démarches et à nous soutenir, les villageois à respecter le plan de développement local élaboré ensemble. Un document important, oui, mais dont le côté contractuel, finalement, est presque accessoire.

Car ce PAV, c'est aussi une démonstration, la preuve que nous pouvons, en unissant nos énergies, arriver faire quelque chose de très compliqué ensemble. Car ce n'est pas toujours facile de se comprendre entre les villageois, les rotariens et nous, les « Yovos* », qui arrivons pleins de bonne volonté : différence d'éducation, de milieu, de culture, de façon de mettre en œuvre des projets. Culture française d'entreprise et culture africaine, deux mondes très différents. De plus à Nagou, ce n'était pas gagné d'avance car il y a trois clans, pas toujours d'accord ensemble. Il faut alors faire primer l’intérêt général et là, l'apport du RCD** et des autorités ont été primordiales. Sans toute une campagne de sensibilisation très lourde qu'ils ont menée sans relâche, nous n'aurions jamais abouti au pacte. Trouver des fonds est relativement facile, mais lutter contre la pauvreté implique une éducation réciproque de toutes les parties en présence, et le PAV est l'aboutissement de cet apprentissage mutuel (et d'erreurs réciproques).

Le PAV, c'est enfin un symbole, car c'est tout tout un village qui s'engage. C'est d'ailleurs peut-être le seul document que certains villageois signeront dans leur vie. C'est le symbole de leur appropriation du projet. C'est leur projet, projet qu'ils vont partager avec les trois autres villages du plateau (Djapack, Boré et Lockperdou avec lesquels il faudra s'entendre sur les sites du futur collège et de la future unité de soins de proximité (USP). Car chaque village signera un PAV. Et pour les autorités, c'est le symbole très fort de leur engagement et de leur promesse de non-récupération des projets à des fins politiques, un document unique pour eux et tout à fait inhabituel.

Voilà, maintenant, yapuqu'à !


Rassemblement du village sous les manguiers


* Yovos : surnom que nous donnent nos amis togolais, les Blancs, quoi !
** RCD : Rotary club de Dapaong



Pour en savoir plus

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