notre site internet

Affichage des articles dont le libellé est collège. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est collège. Afficher tous les articles

mardi 6 mars 2018

Le collège des Plateaux : inauguration et plan d'excellence


Une collégienne et deux collégiens. Iront-ils au lycée ? On l'espère et nous œuvrons pour cela


Lors de notre dernier voyage le mois dernier, le collège a donc été inauguré officiellement par le préfet en présence du président du Rotary-Club (Didier cet année, notre infatigable relais sur place) des chefs de canton, des chefs de village et de la population. Une grande fête avec musique, chants et repas pour clôturer la journée. 
Regardez la courte vidéo ci-après et transportez-vous trente secondes en Afrique !




Des encouragements plutôt que des brimades


Mais faire de beaux bâtiments n'est pas le seul gage de réussite pour ces collégiens. Il faut aussi lutter contre l’absentéisme scolaire (dû au travail aux champs, aux corvées d'eau et mariage précoce pour les filles) et pallier une formation pédagogique quelque fois insuffisante des enseignants. 
Nous avons donc en début d'année proposé aux professeurs du collège (très demandeurs) une formation pédagogique, financée par coup de pousse mais assurée par les services de l'éducation nationale togolaise. En effet, mal préparés au métier de l’enseignement, beaucoup de professeurs utilisent encore des brimades à l'encontre des élèves et le bâton n'est jamais très loin.

Les profs avec l'inspecteur et Didier  au milieu et Augustin (tout en bleu)



Lors de notre dernier séjour, Augustin, qui a récemment rejoint les rangs du Rotary et est lui-même enseignant, en a profité pour leur faire part de son expérience. Il a insisté sur le fait que les brimades et humiliations des élèves étaient une pratique contre-productive. Il vaut bien mieux les encourager et les louer afin de renforcer leur confiance en eux. 
Le débat n'est pas nouveau et je suis certaine que, vous qui me lisez, avez ou avez eu des expériences et des témoignages intéressants à ce sujet ! 

 

 

 

 

 

Et de la lumière pour étudier

 

Les profs et nous avons démarré, lors de notre denier séjour, la mise en place d'une politique d'excellence pour notre nouveau collège : démontrer qu'avec l'aide voulu nous pouvons relever le taux de réussite au brevet des collèges (qui s'appelle encore CEPD au Togo). Le pourcentage de réussite dans tout le pays est de 70% mais de seulement de 50% dans la Région des Savanes. Ambitieux mais possible (le major de la promotion 2016 pour la Région des Savanes vient de Lokpergou  ! 💪)

Mais comment mettre en place une dynamique d'apprentissage si nos collégiens ne peuvent étudier le soir ? En Afrique dans la savane, pas de pollution lumineuse ! Une fois la nuit tombée, c'est l'obscurité totale. Il était donc urgent d'y remédier pour nos collégiens. 

Ce n'est qu'un petit tube néon, mais, croyez moi, il fait toute la différence !





Nos amis togolais ont réagi avec la vitesse de l'éclair. Nous étions à peine rentrés en France que nous parvenaient déjà les premières photos de la classe éclairée. 
  Toujours en application de cette politique d'excellence, les enseignants organisent maintenant des études supplémentaires pour les plus grands afin de combler leur retard.













Pour rappel, il y a 192 inscrits au collège, 67 en 6e, 45 en 5e, 37 en 4e et 43 en 3e. Les filles sont à peu près à part égale avec les garçons.


Pas encore beaucoup de confort, mais un néon au dessus d'une porte permet à ces jeunes d'approfondir leurs cours

Notre collège est né grâce à l'union des beaucoup de bonnes volontés. Parmi beaucoup d'autres, on notera celle de Célestin, professeur  de collège d'histoire-géo pendant trente ans et ancien directeur de collège. À la retraite depuis cinq ans, l'homme a une foi inébranlable dans les vertus de l'éducation et c'est lui qui a donné le terrain pour construire le Collège de l'Union des plateaux et a œuvré pour la réalisation du projet.


«L'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde. (Nelson Mandela). Jolie citation reprise par le Patrick à l'inauguration du collège.

À suivre...



 Vous avez aimé ? Partagez ce billet sur votre page FB ! 

Nouveau : suivez nous sur Instagram, tapez coupdepousse et abonnez-vous. Toutes les photos que nous ne pouvons pas publier pas sur le blog y sont  ! 


Pour en savoir plus :  
Visitez le site de coup de pousse, www.cdpousse.org et suivez nos actus en vous inscrivant au flux des billets (en haut à droite du blog) ou écrivez-nous à florence@cdpousse.org et pour faire un don cliquez ici



Faire un don

lundi 19 février 2018

Le collège de l'union des plateaux



Quelques uns des presque 200 collégiens, Patrick et le directeur du collège posent devant les bâtiments et la plaque de remerciement aux donateurs

Avant il n'y avait rien, juste des cailloux et quelques arbres. Ah ! si, il y avait un abri sommaire,  servant de classes. Construit par les parents, il s’écroulait un peu plus à chaque forte pluie et devait à chaque fois être retapé si ce n'est reconstruit totalement.




Alors un énorme merci à la Fondation d'entreprise Air France qui a financé les deux tiers du projet. Rappelons que le dernier tiers a été assuré par la levée de fond de l'opération Des ailes pour une école  d'octobre 2017.





Vue générale du bâtiment de 4 classes, photo prise du bureau du directeur, en face. Le ciel est blanc et l'air est chargé de poussière. C'est l'époque de l'Harmattan, un vent sableux très sec du nord-est. Il est très chaud le jour, plus « froid » la nuit.


Et c'est comme cela que six mois après le début du chantier, le paysage est transformé ! On ne reconnait plus ce plateau qui ne voyait passer que quelques chèvres et des pintades de temps en temps. Maintenant se dressent fièrement deux bâtiments de part et d'autre de la cour de récréation.


Graine d'espoir, la pousse verte grandit, grandit et deviendra bientôt un arbre !



Pas encore ombragée, celle-ci regarde pousser les jeunes arbres plantées récemment par les villageois. Arrosés soigneusement par les élèves, sous la supervision attentive des professeurs. On a bon espoir des les voir abriter bientôt nos collégiens.









Plus loin l'indispensable terrain de foot avec ses buts. Les ballons apportés par coup de pousse sont attendus avec impatience. Au total il y donc deux bâtiments, l'un de quatre classes et en face, un autre abritant le bureau du directeur, une pièce de stockage et une cinquième classe, plus une aire de jeu, un terrain de foot et des latrines, une pour les filles et une pour les garçons.


Pas très sexy mais indispensables, les toilettes sèches participent à l'éducation à l’hygiène des collégiens

La reconnaissance de l'école comme collège officiel est en cours et les professeurs seront alors payés par l'état. L'inauguration du collège par le préfet de la région a d'ailleurs été une bonne occasion de faire un peu de lobbying. Par ailleurs, notre collège a d'ambitieux projets. Nous voulons prouver par le pourcentage de réussite au Brevet (fin de 3e) que l'on peut avoir des bons résultats au même dans cette zone très pauvre et difficile.

Dans le prochain billet : des images de l’inauguration et nos actions pour faire de ce nouveau Collège de l'union des plateaux, un établissement d'excellence qui rayonne dans la région !

Vous dites ?... Nous sommes de doux rêveurs optimistes ? Peut-être... mais pas tant que cela. Vous verrez. 😊 D'ailleurs, vous-même, cher lecteur, si vous nous lisez, n'est ce pas parce que vous aussi vous y croyez, à cette lutte contre la pauvreté par l'éducation ?!

Accrochées à des arbres, mous avons eu la surprise de découvrir ces poubelles improvisées. Ce n'est pas gagné mais vous voyez que les graines semées par ci par là finissent par germer ! 


Vous avez aimé ? Partagez ce billet sur votre page FB ! 

Nouveau : suivez nous sur Instagram, tapez coupdepousse et abonnez-vous. Toutes les photos que nous ne pouvons pas publier pas sur le blog y sont  ! 



Pour en savoir plus :  
Visitez le site de coup de pousse, www.cdpousse.org et suivez nos actus en vous inscrivant au flux des billets (en haut à droite du blog) ou écrivez-nous à florence@cdpousse.org et pour faire un don cliquez ici



vendredi 11 novembre 2016

Le concert





Bref retour en arrière  


En mai dernier, nous contactons le CEO de Bien-Air Dental pour demander un soutien à coup de pousse. Celui-ci nous propose d'organiser un récital de piano au bénéfice de l'association. L'idée est séduisante et généreuse alors bien sûr, nous fonçons. 

Samedi 5 novembre 


Dehors il peut à verse. C'est la première grosse pluie de novembre, une pluie qui brouille tout et obscurcit le ciel. 
Nous sommes à Bienne, en Suisse, canton de Bern, dans les locaux de la société Bien-Air. La cafétéria, salle spacieuse avec une excellente acoustique, a été transformée en salle de concert.  Edgar, le CEO, nous accueille. C'est un homme au sourire charmant et aux yeux qui pétillent. Mais aujourd'hui on le sent nerveux et stressé. Ah ! oui, j'ai oublié de vous dire qu'il est le concertiste du jour. Un défi, un challenge qu'il s'est imposé. Alors nous comprenons cette angoisse qui l'envahit au fur et à mesure que l'heure se rapproche. Car il va s'exposer devant plus d'une soixantaine d'invités, des collaborateurs, des clients et des amis. L'homme est modeste et a beaucoup d'humour : dans le programme qui nous est distribué il dit de lui qu'il « compte parmi les pianistes les plus insignifiants de son époque ». Mais un jour, il a été mis au défi « d'oser ses rêves ». 
Et il l'a fait !
Le récital dure 45 minutes, est varié et peut être apprécié par tous, oreilles averties ou non. Les premières mesures de la Bagatelle de Beethoven sont un peu crispées, on l'entend, et puis on sent que tout à coup le pianiste se détend et se libère... et nous aussi. Car tous, dans la salle, nous voulons qu'il réussisse son challenge et angoissons un peu pour lui. Il doit le sentir et, porté par la sympathie du public, nous embarque pour trois quarts d'heure de pur plaisir.


 Pari gagné, Edgar ! Nous nous sommes régalés. Oui, il y a eu deux trois accords dissidents (Chopin, ce n'est pas aussi simple qu'Au clair de la lune !) mais notre ami a passé avec brio cette épreuve qu’il s'était imposée : Ballade, Impromptu, Marche militaire, Boogie for two... le public a adoré. Dernier clin d’œil : en bis (il y eut même un ter en fait) nous avons eu droit à quatre mains au générique de la Panthère rose. Succès immédiat !

Un espace était réservé à coup de pousse dans la salle et pendant le cocktail dinatoire qui a suivi, nous avons pu répondre aux diverses questions du public. Patrick, fondateur de l'association, avait fait le déplacement de Paris et n'a pas regretté d'être avec nous pour ce joli moment de partage musical.

 

Remerciements : 

  • à la famille Mosimann propriétaire de la société Bien-Air Dental qui a sponsorisé l'évènement et nous a fait un généreux don, finançant ainsi un morceau de la construction du collège du Plateau,
  • à Edgar qui l'a organisé et n'a pas hésité à se mettre en danger en se produisant sur scène,
  • à Samuel, fils du propriétaire, qui a accompagné Edgar dans les quatre mains, 
  • à André, spécialiste de la prise de parole en public, qui a présenté avec brio le récital,
  • à Alain et à Jean, hommes d'entretien de Bien-Air, qui ont transformé leur cafétéria en une salle de concert, et ont veillé le jour même à ce tout se passe bien.
Mille mercis pour votre aide et votre soutien. 






Vous avez aimé ? Partagez ce billet sur votre page FB !

Pour en savoir plus : 

Visitez le site de coup de pousse, www.cdpousse.org et suivez nos actus en vous inscrivant au flux des billets (en haut à droite du blog) ou écrivez-nous à florence@cdpousse.org et pour faire un don cliquez ici


mardi 1 novembre 2016

Emmanuelle nous raconte sa semaine au Togo...



J’ai eu la chance d’accompagner Florence et Patrick lors de leur récent voyage dans la région des Savanes pour suivre et encourager les différents projets menés par coup de pousse.

Où est Charl... Emmanuelle ?! Un paysage complètement différent de celui de la saison sèche

Pousseuse depuis les débuts de l’association, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller en Afrique de Ouest, mais j’avais depuis l’enfance une sensibilité pour cette partie du globe où mon père allait régulièrement travailler, sur laquelle j’avais vu de nombreux reportages avec cette promesse un peu secrète qu’un jour j’irai découvrir ces paysages d’herbes et de terre sèches, rencontrer ces peuples loin de tout et de notre temps, et si je le pouvais les aider.

À Boré
Et voilà, le choc ! Le choc de cette chaleur qui vous saisit dès la sortie de l’avion, le choc de ces paysages immenses où le soleil se cogne, de cette végétation débordante en cette fin de saison des pluies, de ces rencontres avec quantité de femmes et d’hommes plein de talents, d’intelligence et d’énergie qui agissent sur place pour que les actions de coup de pousse avancent, le choc de découvrir les villageois souriants et confiants, le choc des nuées d’enfants qui accourent à votre arrivée et qui ont envie de grandir… 


Et surtout choc de réaliser concrètement tout ce qui a été mis en place par coup de pousse en quelques années, forages, puits, compost, construction d’écoles, centre de santé, ainsi que le soutien au développement des villageois dans un profond respect de leur culture et de leur volonté. Mais de toutes ces fantastiques réalisations, c’est l’alphabétisation des adultes qui m’a le plus frappée. En quelques mois des dizaines de femmes et quelques hommes dans chaque village, tous volontaires, apprennent à lire à raison un à deux cours par semaine.

Patrick, Joël (agent du développement de CDP), Emmanuelle et l’inspecteur de l'éducation nationale du primaire

Une révolution dans leur vie qui leur permet de rejoindre le clan de ceux qui ont accès à l’éducation, à l’information, aux décisions. Une fierté dans leur regard, lorsque leur main se lève quand on demande qui suit les cours d’alphabétisation dans une assemblée de villageois. Une assurance dans tout leur être quand ils qui affirment que oui déjà il utilise leurs acquis au marché et dans leur quotidien.

Cahier d'alphabétisation

Avec des gestes timides accompagnés d’un franc sourire, chacune et chacun nous dévoile son cahier d’écriture personnel, où les lettres se suivent et les mots se forment et se déroulent les phrases. Les cahiers sont remarquablement soignés, l’écriture est appliquée et méthodique, reflet du temps et de l’application de l’élève volontaire. Et voilà le choc des mots qui vous frappent en pleine face, sur ce cahier d’écolier dans ce village perdu de la région des Savane.

Ce paysan (un des seuls hommes du cours) a fièrement levé la main lorsque Patrick a demandé qui avait suivi le programme d'alphabétisation

Dotation de livres pour l'embryon du collège du Plateau




 
L’alphabétisation des femmes est la clé d’un cercle vertueux comme les affectionne coup de pousse, il permet aux femmes d’accéder à l’autre monde, de les impliquer plus individuellement dans l’ensemble du projet de coup de pousse, et est un puissant levier de valorisation de l’éducation scolaire des enfants et plus particulièrement celle des filles.







Naissance du futur collège du Plateau : ces quatre grands apatames ont été construits par les villageois de Boré, Lokpergou et Djapak. Enregistré et reconnu par les autorités, il a désormais une existence légale. À nous maintenant la charge de le construire en dur, poussés par les 250 collégiens !

Après cette incroyable semaine de découvertes et de rencontres des villageoises et villageois du Plateau, et d’échanges avec les membres très actifs du Rotary Club de Dapaong nous quittons le Togo des sourires plein les yeux, des projets plein la tête pour poursuivre et développer la formidable mission de coup de pousse dans la Région des Savanes.


Sur le tableau noir d'une classe à Nagou


Vous avez aimé ? Partagez ce billet sur votre page FB !

 

Pour en savoir plus : 

Visitez le site de coup de pousse, www.cdpousse.org et suivez nos actus en vous inscrivant au flux des billets (en haut à droite du blog) ou écrivez-nous à florence@cdpousse.org et pour faire un don cliquez ici

jeudi 19 mai 2016

Comment dénouer des conflits ou une leçon de diplomatie par les jeunes du Plateau



Prosper, Parfait et Patrick en pleine discussion à Dapaong

Ainsi que nous vous le disions dans la dernière Brève de pousseurs, un club des jeunes s'est formé sur le Plateau.

 

La rencontre  avec Parfait

Parfait est un jeune du milieu, il nait au village de Nagou, fait des études supérieures et travaille à Dapaong, la ville proche. Parfait est un jeune homme généreux qui a très à cœur le développement de son pays. À l'époque où nous le rencontrons, nous sommes sur le point de désespérer de faire travailler ensemble les quatre villages, Nagou, Lokpergou, Djapak et Boré. Car malgré la com intensive, les réunions de sensibilisations, les harangues et explications de Patrick, on en revient toujours aux mêmes arguments, aux vieilles querelles...  Ajouté à cela des rumeurs qui circulent et nous obtenons un superbe Clochemerle togolais. Impossible d'avancer et de les faire travailler ensemble. Pour nous, c'est l'impasse !



Première réunion du groupe à Dapaong

Création du club

Puis en écoutant Parfait, et plus tard son cousin Prosper, et en constatant leur motivation et leur dynamisme, Patrick a une idée lumineuse : créer un club de jeunes instruits issus des quatre villages, habitant encore ou n'habitant plus au village mais y ayant des liens très forts. Tous y auraient de la famille, des « petits frères » auxquels ils voudront donner les meilleures chances de réussite. Parfait se charge de les recruter, trois par village avec si possible la parité homme-femme. Et voilà ! Le club des jeunes du plateau est né.
En avril nous nous rencontrons et leur expliquons les tenants et les aboutissants de l'opération maïs, le projet de construction de collège et la nécessite de trouver un site commun... Ces jeunes comprennent vite, pas besoin d'expliquer longtemps. Ils ont un énorme avantage sur nous : ils peuvent tenir des propos que nous ne pourrions jamais tenir, ils sont au courant des rumeurs, des vieilles querelles dont nous ne soupçonnons pas l'existence.
En bref ils peuvent faire la morale à leur parents, démontrer aux vieux du village qu'il faut accepter le changement et oublier les rancœurs.



Au village, Joel, le nouvel agent de développement (cf Brèves n°3 p.3), aide les jeunes à s'organiser


Le miracle a lieu !

Un signe qui ne trompe pas : les jeunes décident que la première réunion aura symboliquement lieu à Nagou, le siège de la résistance. Ensuite ils font réunion de sensibilisation sur réunion de sensibilisation (plus efficaces que les nôtres on dirait 😏 car nous avons commencé à en sentir les effets lors de notre dernier voyage en avril).  Enfin, cerise sur le gâteau de cette communication intensive, une réunion des chefs de village et de groupes des 4 villages a lieu à Nagou. L'objet de la réunion ? Trouver un consensus sur le lieu de construction du collège commun. Ce que nous cherchons à faire depuis des mois sans jamais y arriver !
Ah ! Bien sûr, il y a encore à faire mais grâce à ce groupe dynamique et motivé nous allons réussir à faire par la diplomatie et le consensus ce que nous n’aurions jamais résussi à faire autrement.

Chapeau et merci les jeunes !


Nota bene :
Il est quand même un domaine où, à mon grand désespoir, ce groupe de jeunes est un échec retentissant : sa composition qui exclusivement masculine. Les femmes sont mariées à cette âge et sous l'autorité de leur mari. Elles n'ont donc pas entièrement la liberté d'aller et venir à leur guise. De plus les femmes sont nettement moins éduquées que les hommes, il est donc très difficile de trouver des candidates. Mais j'ai confiance en Parfait, même s'il n'y en a qu'une, il la trouvera !



Ce billet vous a plu ? Partagez-le sur votre page FB !
 

samedi 27 décembre 2014

Le collège de Nagou



Comédie dramatique en trois actes 


Staring : Patrick et les comités de Nagou.

Lieu : réfectoire de l’école de Nagou,



Un apatame ? 

Non, le nouveau collège de Nagou. Derrière, à gauche, la maternelle

70 enfants répartis dans deux classes de 6e et de 5e.


Prélude 

 

Lors de leur dernier voyage d’octobre, Patrick et Pierre-Louis ont découvert avec stupéfaction un « collège » que les villageois avaient construit sans prévenir.
Aujourd’hui, 70 ados, au lieu d’aller au collège d’état de Nano, suivent leur 6e et leur 5e à Nagou. Mis devant le fait accompli et pris de court, nous avons quand même acheté les livres de classe. Puis nous avons réfléchi aux conséquences de cette création de collège. Pour l’éducation nationale togolaise ce faux-collège de Nagou est un collège privé, et il restera privé sans aucune chance de réintégrer le giron de l'état. Les conséquences sont lourdes : recrutement des profs par les parents donc niveau non garanti,  profs payés par les parents et, à la sortie, diplôme non reconnu par l’état. Une catastrophe donc pour ces jeunes collégiens dont la seule chance de s’en sortir et de tirer leur pays vers le haut, est l’éducation. Catastrophe aussi pour les parents qui se mettent pour des années une charge financière supplémentaire sur le dos alors que l’état togolais pourrait le faire. Il faut donc que nos amis de Nagou le comprennent.

Patrick et notre traducteur du jour, un prof du « collège » des parents



Acte I : explications et confrontation


Nous sommes avec les comités de Nagou : eau, grottes, développement villageois, parents d’élèves. L'un des profs du « collège » est avec nous et assure la traduction.  Le RCD* a déjà fait un gros travail de sensibilisation. Cela chauffe un peu. Les comités savent qu'ils ont fait une erreur et la discussion est animée. Malgré tout le ton monte. Le moba (langue locale) prend vite le dessus et la traduction ne suit pas. Nous sommes noyés. Chacun rejette la responsabilité sur les autres. Puis le calme revient. Patrick a un grand classeur rouge à la main. Il leur explique comment nous travaillons une fois que nous avons arrêté ensemble les projets de développement : liste de priorités, contacts avec les entreprises, devis, établissement des budgets... Les pages défilent et les tableaux excel, surlignés en jaune, aussi...

Acte II : réaction


Blam ! « Poubelle ! » D'un grand geste théâtral, Patrick jette le cahier par terre (merci, il va bien, il s'en est remis). Il fait comprendre aux villageois, à grand renforts d'images et de paraboles, que leur initiative remet en cause l'harmonie de nos relations basées sur la concertation. Pas question non plus de construire un collège pour les seuls 1000 habitants de Nagou. Les villages doivent s'unir et se concerter. Il en profite donc pour introduire la notion de communauté de communes. Patrick est assez violent dans ses propos et évoque assez énergiquement que nous puissions quitter Nagou et nous occuper d'autres villages. Puis il leur explique les problèmes privé-public et que cela prend à peu près deux ans pour obtenir les autorisations et accréditation auprès du ministère de l'éducation togolaise. Ce n'est pas en construisant un simple apatame et en l'appelant collège qu'on commence le processus. Un collège ne s'improvise pas. Notre ami Patrick l'Africain, passionné et convaincant, est grandiose.



Acte III : quelle solution ?


A court terme nous avons deux classes d'enfants de 6e et 5e qui risquent de rester sur le bord de la route. Patrick donne donc le choix suivant aux villageois :
  • soit ils continuent leur faux-collège avec les conséquences exposées plus haut. Ce sera alors sans nous. Et sans l'OCDI**, avec lequel nous nous sommes concertés. C'est un non ferme et définitif, coup de pousse ne continuera pas ce collège-là.
  • soit on arrête là l'expérience, les jeunes réintègrent le collège d'état qu'ils devraient fréquenter. Dans ce cas nous remettons à l'ordre du jour le programme de distribution de vélos prévu afin de les aider dans leurs déplacements.
En fait le lendemain et suite à des discussions avec les trois autres villages, une troisième solution se dessinera : construire un apatam amélioré (bâtiment en dur mais sans les murs), transformable par la suite en bâtiment complet qui sera le collège. Deux conditions impératives pour cela : que les quatre villages se mettre d'accord sur un site de construction (pas question qu'on s'en mêle) et également que le ministère de l'éducation nationale togolaise nous donne le feu vert. Le collège serait alors agréé à posteriori. Cette excellente idée nous est soufflée par Mamadou Batouré, membre du RCD et l'un de nos traducteurs du jour.


Le comité des femmes de Nagou, l'un des villages du plateau où celles-ci sont le mieux représentées

Epilogue

La réunion se termine. Nous demandons aux comités d'en parler aux villageois de nous donner leur réponse rapidement. Nous en profitons aussi pour discuter avec les profs de collège recrutés par les parents. Ils sont inquiets pour leur poste mais nous font une excellente impression. Peut-être sera-t-il possible avec un complément de formation de les garder pour le futur collège ?
Patrick l'Africain a été superbe. Un gros travail de sensibilisation avait déjà été fait mais cette discussion était très importante. Nous ne doutons pas de leur réponse. 




* Rotary club de Dapaong, nos partenaires togolais
** émanation de Caritas international, partenaire d'un donateur allemand qui a fait construire trois classes de primaire à Nagou début 2014. Nous essayons de travailler en coordonnant nos actions.






Pour en savoir plus

Visitez le site de coup de pousse, www.cdpousse.org et suivez nos actus en vous inscrivant au flux des billets (en haut à droite du blog), écrivez-nous à florence@cdpousse.org et pour faire un don, cliquez ici