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mardi 6 mars 2018

Le collège des Plateaux : inauguration et plan d'excellence


Une collégienne et deux collégiens. Iront-ils au lycée ? On l'espère et nous œuvrons pour cela


Lors de notre dernier voyage le mois dernier, le collège a donc été inauguré officiellement par le préfet en présence du président du Rotary-Club (Didier cet année, notre infatigable relais sur place) des chefs de canton, des chefs de village et de la population. Une grande fête avec musique, chants et repas pour clôturer la journée. 
Regardez la courte vidéo ci-après et transportez-vous trente secondes en Afrique !




Des encouragements plutôt que des brimades


Mais faire de beaux bâtiments n'est pas le seul gage de réussite pour ces collégiens. Il faut aussi lutter contre l’absentéisme scolaire (dû au travail aux champs, aux corvées d'eau et mariage précoce pour les filles) et pallier une formation pédagogique quelque fois insuffisante des enseignants. 
Nous avons donc en début d'année proposé aux professeurs du collège (très demandeurs) une formation pédagogique, financée par coup de pousse mais assurée par les services de l'éducation nationale togolaise. En effet, mal préparés au métier de l’enseignement, beaucoup de professeurs utilisent encore des brimades à l'encontre des élèves et le bâton n'est jamais très loin.

Les profs avec l'inspecteur et Didier  au milieu et Augustin (tout en bleu)



Lors de notre dernier séjour, Augustin, qui a récemment rejoint les rangs du Rotary et est lui-même enseignant, en a profité pour leur faire part de son expérience. Il a insisté sur le fait que les brimades et humiliations des élèves étaient une pratique contre-productive. Il vaut bien mieux les encourager et les louer afin de renforcer leur confiance en eux. 
Le débat n'est pas nouveau et je suis certaine que, vous qui me lisez, avez ou avez eu des expériences et des témoignages intéressants à ce sujet ! 

 

 

 

 

 

Et de la lumière pour étudier

 

Les profs et nous avons démarré, lors de notre denier séjour, la mise en place d'une politique d'excellence pour notre nouveau collège : démontrer qu'avec l'aide voulu nous pouvons relever le taux de réussite au brevet des collèges (qui s'appelle encore CEPD au Togo). Le pourcentage de réussite dans tout le pays est de 70% mais de seulement de 50% dans la Région des Savanes. Ambitieux mais possible (le major de la promotion 2016 pour la Région des Savanes vient de Lokpergou  ! 💪)

Mais comment mettre en place une dynamique d'apprentissage si nos collégiens ne peuvent étudier le soir ? En Afrique dans la savane, pas de pollution lumineuse ! Une fois la nuit tombée, c'est l'obscurité totale. Il était donc urgent d'y remédier pour nos collégiens. 

Ce n'est qu'un petit tube néon, mais, croyez moi, il fait toute la différence !





Nos amis togolais ont réagi avec la vitesse de l'éclair. Nous étions à peine rentrés en France que nous parvenaient déjà les premières photos de la classe éclairée. 
  Toujours en application de cette politique d'excellence, les enseignants organisent maintenant des études supplémentaires pour les plus grands afin de combler leur retard.













Pour rappel, il y a 192 inscrits au collège, 67 en 6e, 45 en 5e, 37 en 4e et 43 en 3e. Les filles sont à peu près à part égale avec les garçons.


Pas encore beaucoup de confort, mais un néon au dessus d'une porte permet à ces jeunes d'approfondir leurs cours

Notre collège est né grâce à l'union des beaucoup de bonnes volontés. Parmi beaucoup d'autres, on notera celle de Célestin, professeur  de collège d'histoire-géo pendant trente ans et ancien directeur de collège. À la retraite depuis cinq ans, l'homme a une foi inébranlable dans les vertus de l'éducation et c'est lui qui a donné le terrain pour construire le Collège de l'Union des plateaux et a œuvré pour la réalisation du projet.


«L'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde. (Nelson Mandela). Jolie citation reprise par le Patrick à l'inauguration du collège.

À suivre...



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lundi 19 février 2018

Le collège de l'union des plateaux



Quelques uns des presque 200 collégiens, Patrick et le directeur du collège posent devant les bâtiments et la plaque de remerciement aux donateurs

Avant il n'y avait rien, juste des cailloux et quelques arbres. Ah ! si, il y avait un abri sommaire,  servant de classes. Construit par les parents, il s’écroulait un peu plus à chaque forte pluie et devait à chaque fois être retapé si ce n'est reconstruit totalement.




Alors un énorme merci à la Fondation d'entreprise Air France qui a financé les deux tiers du projet. Rappelons que le dernier tiers a été assuré par la levée de fond de l'opération Des ailes pour une école  d'octobre 2017.





Vue générale du bâtiment de 4 classes, photo prise du bureau du directeur, en face. Le ciel est blanc et l'air est chargé de poussière. C'est l'époque de l'Harmattan, un vent sableux très sec du nord-est. Il est très chaud le jour, plus « froid » la nuit.


Et c'est comme cela que six mois après le début du chantier, le paysage est transformé ! On ne reconnait plus ce plateau qui ne voyait passer que quelques chèvres et des pintades de temps en temps. Maintenant se dressent fièrement deux bâtiments de part et d'autre de la cour de récréation.


Graine d'espoir, la pousse verte grandit, grandit et deviendra bientôt un arbre !



Pas encore ombragée, celle-ci regarde pousser les jeunes arbres plantées récemment par les villageois. Arrosés soigneusement par les élèves, sous la supervision attentive des professeurs. On a bon espoir des les voir abriter bientôt nos collégiens.









Plus loin l'indispensable terrain de foot avec ses buts. Les ballons apportés par coup de pousse sont attendus avec impatience. Au total il y donc deux bâtiments, l'un de quatre classes et en face, un autre abritant le bureau du directeur, une pièce de stockage et une cinquième classe, plus une aire de jeu, un terrain de foot et des latrines, une pour les filles et une pour les garçons.


Pas très sexy mais indispensables, les toilettes sèches participent à l'éducation à l’hygiène des collégiens

La reconnaissance de l'école comme collège officiel est en cours et les professeurs seront alors payés par l'état. L'inauguration du collège par le préfet de la région a d'ailleurs été une bonne occasion de faire un peu de lobbying. Par ailleurs, notre collège a d'ambitieux projets. Nous voulons prouver par le pourcentage de réussite au Brevet (fin de 3e) que l'on peut avoir des bons résultats au même dans cette zone très pauvre et difficile.

Dans le prochain billet : des images de l’inauguration et nos actions pour faire de ce nouveau Collège de l'union des plateaux, un établissement d'excellence qui rayonne dans la région !

Vous dites ?... Nous sommes de doux rêveurs optimistes ? Peut-être... mais pas tant que cela. Vous verrez. 😊 D'ailleurs, vous-même, cher lecteur, si vous nous lisez, n'est ce pas parce que vous aussi vous y croyez, à cette lutte contre la pauvreté par l'éducation ?!

Accrochées à des arbres, mous avons eu la surprise de découvrir ces poubelles improvisées. Ce n'est pas gagné mais vous voyez que les graines semées par ci par là finissent par germer ! 


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lundi 15 mai 2017

Les villageois, acteurs de leur développement


Au début, il n'y avait plus de route...


La « carrière » : le flanc de la colline voisine


Les femmes et enfants...


... transportent les pierres sur la tête...


... pour les apporter aux hommes qui travaillent sur l'ouvrage


Ajustement et taille des pierres

Les pluies violentes avaient emporté la partie de la route qui n'avait pas été stabilisée l’année dernière (rappel : pas de route = pas d'accès et pas d'accès au village = adieu les constructions). Tout le monde s'y est donc mis. Avec l'aide d'un technicien du génie civil togolais, les villageois ont travaillé pour assurer la solidité de l'ouvrage. Les secteurs susceptibles d’être emportés ont été protégés par des « fondations » en pierre, un travail de fourmi, épuisant mais indispensable dans une région d'accès difficile où l'on peut oublier les étapes traditionnelles de réalisation d'une route (excavation, compactage, nivellement, asphalte).
Grâce à cela, l'école maternelle et l'école primaire ont pu être construites et terminées cet hiver à Lokpergou.


et nous avions un centre de santé sans latrines ni douche...



Lokpergou : derrière le chantier, on aperçoit le centre de santé 


Le trou est fait exclusivement manuellement sans aucune aide mécanique


Les pelles et pioches sont fournies par coup de pousse, la main d’œuvre par les villages


Le centre de santé a maintenant des latrines...

Pas glamour mais indispensables, ces latrines ! En fait lorsque nous avons construit le centre de santé de Boré, nous ne savions pas qu'un infirmier serait nommé si rapidement et qu'il se transformerait si vite en un centre utilisé quotidiennement. Or grâce à l'appui des autorités locales, un infirmier a été nommé  et le centre a rapidement été très fréquenté rendant impératif des latrines et une douche. Ni les unes ni l'autre n'avaient été prévues et budgétées.  Nous avons donc ajouté une ligne budgétaire (le trésorier a grincé des dents !) et les villageois ont repris les pelles et pioches et ils ont creusé. Notre centre est à ce jour maintenant réglementaire et pourra donc se transformer à moyen terme en une USP (unité de soins périphérique, soit un dispensaire) déservant le Plateau. 


  Lokpergou avait besoin d'un puits maraîcher

 

Le trou est creusé*, il s'agit maintenant de consolider


Le trou est doublé en pierres cimentées par endroit


Une margelle est ajoutée


Jardin communautaire de Lokpergou arrosé grâce au puits maraicher

 Un puits maraîcher est un puits qui profite des infiltrations du sol pour capter l'eau afin de la stoker le plus longtemps possible. On gagne ainsi quelques semaines d'arrosage à la saison sèche. Il est situé près du lit d'une rivière en aval. Nagou étant placé sur les hauteurs avec un sous-sol rocheux n'en a pas mais Lokpergou est idéalement situé pour cela. Le puits maraîcher sert à l’arrosage des cultures de jardin communautaire généralement (légumes... vendus sur les marché) mais jamais aux cultures des champs.


Actuellement, la petite saison des pluie a commencé et d'après les dernières nouvelles que nous recevons, elle est plus importante que d'habitude, coupe les routes, menace la retenue d'eau construite l'année dernière et de faire déborder le puits maraîcher. Nous, les yovos**, sommes toujours alarmés lorsque nous recevons des nouvelles semblables mais Didier, notre chef de chantier, est solide comme un roc. Il fait face avec beaucoup de détermination et de courage et a les nerfs beaucoup plus solides que les nôtres !


À suivre...

* construire un puits demande une certaine technique. Il ne s'agit pas juste de faire un trou. Si le sujet vous intéresse, cliquez ici
**surnom familier donnés aux blancs

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mardi 28 février 2017

Première naissance au centre de santé !


Arzouma

Arzouma et sa maman font la queue pour la visite médicale devant le centre de santé

Juste avant notre arrivée, le premier bébé est né au nouveau centre de santé du plateau. Selon l'expression consacrée, la mère et l'enfant se portent bien ! Le bébé est une petite fille et elle s'appelle Arzouma. Cela qui veut dire, en Moba, dialecte local, née un vendredi. Pour nous la nouvelle a été très émouvante car le centre n'est fonctionnel que depuis quelques mois et sa fréquentation va croissante.

Campagne de vaccinations au centre de santé à Boré

 Fin 2016, nous avons reçu l'appui du préfet de la région. Il a fait nommer un infirmier expérimenté à demeure pour gérer les consultations. Un énorme « coup de pousse » pour nous qui nous a permis de passer à la vitesse supérieure. Auparavant, l'infirmier et la matrone (sage-femme) montaient sur le plateau seulement deux fois par mois. Les statistiques récentes de fréquentation du centre montrent que le besoin est bien là. Il reste encore à embaucher une matrone affectée spécifiquement. Le préfet, qui suit attentivement ce dossier, nous a assuré lors de notre visite de la semaine dernière, que cela ne saurait tarder.


Future « concession » de l'infirmier

Les villageois de Boré, où se trouve le centre, se sont pris en main et de leur propre initiative, ont construit une maison pour l'infirmier. ils ont visiblement envie qu'il se sente bien chez eux ! Ce fut la (bonne) surprise en arrivant. Il va donc pouvoir faire venir son épouse, qui habite dans un village voisin. Auparavant lui-même dormait « chez l'habitant ».


la construction est en banco, des briques de terres séchées.

Formidable dynamisme qui se met donc en route grâce à des petits coup de pousse çà et là. Tout n'est pas parfait bien sûr mais le train est en marche.


Notre président a toujours beaucoup de succès auprès des femmes !

Nous sommes quelques fois d'ailleurs dépassés par la vitesse des évènements. Ainsi, nous ne pensions pas avoir un infirmier à demeure si tôt, avant d'avoir fait la preuve par la fréquentation que cela se justifiait. D'une utilisation bi-mensuelle, le centre passe à une ouverture journalière. C''est tant mieux pour la population. Mais par contre, lors de sa construction, nous pensions avoir deux ou trois ans pour l'agrandir et l'équiper complètement. Nous devons ajouter une douche et des latrines, indispensables à ce stade,  et il manque aussi un lit d'accouchement (toutes les femmes qui me lisent seront sensibles au sujet)...


Préfecture de Tandjouaré, dont dépendent les villages

Mais ce sont des lignes budgétaires qui s'ajoutent les unes aux autres dans un budget déjà serré en 2017 ( le gros poste est bien sûr le début de construction du collège). On ne peut pour l'instant faire les deux : latrines/douche et acheter le lit. Les choix sont difficiles à faire néanmoins, lorsqu'on voit le courage et le travail que font les femmes là-bas, cela fend le cœur de reporter à 2018 l'achat de ce matériel spécifique. Leur donner un peu de confort et de sécurité lors de ce moment particulier qu'est l'accouchement ne me parait pas un luxe superflu. Ne voulant dépouiller Paul pour habiller Jean, nous repartons donc en campagne pour trouver des fonds supplémentaires (pour être tout à fait honnête, en réalité, nous sommes toujours en campagne 😊).

Un dernier regard...

On peut toujours faire mieux, n'est-ce-pas ? En attendant, quel bonheur de voir au centre de santé ces files de mères et d'enfants qui n'ont plus à faire des kilomètres pour avoir accès à des soins de base !

Merci à vous tous pour eux et on continue de plus belle !



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