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jeudi 14 juillet 2016

Vacances, ciel bleu, farniente mais aussi running à gogo





 Quand le trail devient un sport de générosité et de partage. 

Le principe : les sportifs courent pour une cause et leur famille et entourage soutiennent leur effort par un don. Peu importe le chrono, les battements des cœurs donnent le tempo. Pour eux, courir est la réponse et ils courent pour coup de pousse.  
Comme il y a deux ans, des coureurs-traileurs-collecteurs prendrons le départ le 17 septembre prochain à Belle-Ile-en-Mer pour 9km, 19km, 45 km ou 83 km de trail.
En 2014 ils ont couru pour financer deux énormes citernes de récupération d'eau de pluie pour une école primaire de Nagou (Togo). Cette année c'est une école primaire elle-même qu'ils vont essayer de financer. Le budget total de construction du bâtiment est de 22000€ (plus d'infos ici). L'objectif total de la levée de fonds est de 10000€ soit la moitié du budget. Ils peuvent avoir un impact énorme et décisif sur l'avenir des 192 enfants de Lokpergou. La suite en images.

Lokpergou, aujourd'hui



École primaire actuelle : pas de place, pas de matériel scolaire et chaleur infernale mais toujours une formidable envie d'accéder à la connaissance. Ils méritent bien un coup de pousse, non ?!



Lokpergou, demain, peut ressembler à cela 




 École primaire de Nagou construite par coup de pousse en 2014












 Nous pouvons le faire, ils peuvent le faire et ils vont y arriver. Car nos coureurs solidaires sont bien partis. Certains ont en effet déjà pris le départ et font la course en tête. Déjà 46% de collectés 😳 !






Aidez-nous, aidez-les et allez voir les pages de nos collecteurs :

Collecte d'Alexandre
Collecte d'Alix
Collecte de Benjamin 
Collecte de Camille
Collecte de Dominique
Collecte d'Emma et de Marguerite
Collecte de Marianne et d'Olivier
Collecte de Patrick et d'Aline
Collecte de Pierre
Collecte de Philippe

Page de campagne générale



Ne rien lâcher et de pouvoir se dire avec fierté : « Oui, je l’ai fait ! »





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jeudi 19 mai 2016

Comment dénouer des conflits ou une leçon de diplomatie par les jeunes du Plateau



Prosper, Parfait et Patrick en pleine discussion à Dapaong

Ainsi que nous vous le disions dans la dernière Brève de pousseurs, un club des jeunes s'est formé sur le Plateau.

 

La rencontre  avec Parfait

Parfait est un jeune du milieu, il nait au village de Nagou, fait des études supérieures et travaille à Dapaong, la ville proche. Parfait est un jeune homme généreux qui a très à cœur le développement de son pays. À l'époque où nous le rencontrons, nous sommes sur le point de désespérer de faire travailler ensemble les quatre villages, Nagou, Lokpergou, Djapak et Boré. Car malgré la com intensive, les réunions de sensibilisations, les harangues et explications de Patrick, on en revient toujours aux mêmes arguments, aux vieilles querelles...  Ajouté à cela des rumeurs qui circulent et nous obtenons un superbe Clochemerle togolais. Impossible d'avancer et de les faire travailler ensemble. Pour nous, c'est l'impasse !



Première réunion du groupe à Dapaong

Création du club

Puis en écoutant Parfait, et plus tard son cousin Prosper, et en constatant leur motivation et leur dynamisme, Patrick a une idée lumineuse : créer un club de jeunes instruits issus des quatre villages, habitant encore ou n'habitant plus au village mais y ayant des liens très forts. Tous y auraient de la famille, des « petits frères » auxquels ils voudront donner les meilleures chances de réussite. Parfait se charge de les recruter, trois par village avec si possible la parité homme-femme. Et voilà ! Le club des jeunes du plateau est né.
En avril nous nous rencontrons et leur expliquons les tenants et les aboutissants de l'opération maïs, le projet de construction de collège et la nécessite de trouver un site commun... Ces jeunes comprennent vite, pas besoin d'expliquer longtemps. Ils ont un énorme avantage sur nous : ils peuvent tenir des propos que nous ne pourrions jamais tenir, ils sont au courant des rumeurs, des vieilles querelles dont nous ne soupçonnons pas l'existence.
En bref ils peuvent faire la morale à leur parents, démontrer aux vieux du village qu'il faut accepter le changement et oublier les rancœurs.



Au village, Joel, le nouvel agent de développement (cf Brèves n°3 p.3), aide les jeunes à s'organiser


Le miracle a lieu !

Un signe qui ne trompe pas : les jeunes décident que la première réunion aura symboliquement lieu à Nagou, le siège de la résistance. Ensuite ils font réunion de sensibilisation sur réunion de sensibilisation (plus efficaces que les nôtres on dirait 😏 car nous avons commencé à en sentir les effets lors de notre dernier voyage en avril).  Enfin, cerise sur le gâteau de cette communication intensive, une réunion des chefs de village et de groupes des 4 villages a lieu à Nagou. L'objet de la réunion ? Trouver un consensus sur le lieu de construction du collège commun. Ce que nous cherchons à faire depuis des mois sans jamais y arriver !
Ah ! Bien sûr, il y a encore à faire mais grâce à ce groupe dynamique et motivé nous allons réussir à faire par la diplomatie et le consensus ce que nous n’aurions jamais résussi à faire autrement.

Chapeau et merci les jeunes !


Nota bene :
Il est quand même un domaine où, à mon grand désespoir, ce groupe de jeunes est un échec retentissant : sa composition qui exclusivement masculine. Les femmes sont mariées à cette âge et sous l'autorité de leur mari. Elles n'ont donc pas entièrement la liberté d'aller et venir à leur guise. De plus les femmes sont nettement moins éduquées que les hommes, il est donc très difficile de trouver des candidates. Mais j'ai confiance en Parfait, même s'il n'y en a qu'une, il la trouvera !



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dimanche 6 mars 2016

Le développement durable sur le plateau (suite)



Mai : les cultures commencent à pousser

Une terre qui devient aride

Nous avons vu dans le billet du 13 février que l’équilibre fragile de l’écosystème de la Savane était menacé.  Plusieurs raisons à cela : l'exploitation forestière extensive causée par la pression démographique (besoins en bois pour faire la cuisine) mais aussi l'agriculture sur brulis (on brûle après récolte ce faisant on détruit tout le complexe argilo-humique*), les animaux qui divaguent en liberté partout (surpâturage)... 
Le problème est crucial. En effet, pas besoin d'avoir fait AgroParisTech pour comprendre que nous sommes ici dans une région d'agriculture de survie où les paysans doivent  produire s'ils veulent manger à leur faim et nourrir leur famille.


Les animaux divaguent en liberté et broutent ce qu'ils peuvent pour survivre

Le problème de l'utilisation abusive et exclusive des engrais est encore venu compliquer la donne (ne pas oublier que l'Afrique est un gros marché pour les producteurs d'engrais). Il y a quelque fois beaucoup d'impuretés dans ces engrais qui tuent le sol. Ajoutés à cela les traitements avec les pesticides (le coton est traité deux fois par an avec un produit interdit depuis 15 ans) et vous avez une idée du tableau : la terre n'en peut plus et devient de plus en plus stérile.

De sa concession (maison), cette villageoise peut voir les cultures pousser. Dans quelques mois, on ne reconnaîtra plus le paysage.


La bonne nouvelle est que ce processus est réversible. Il faut deux à trois ans pour « réparer » un sol et le faire revivre. Le gouvernement togolais a fait des foires pour sensibiliser les populations à la culture bio. Il y a des méthodes qui sont déjà mises en pratique. Sans entrer dans les détails, le paysan doit maintenant apprendre à combiner modernisme et savoir traditionnel. .

Cette sensibilisation est le travail actuel de Salifou, notre expert agro et membre du RCD **, et de Michael, le peace corp. Le rôle de la plantation communautaire que nous avons financée et dont nous vous parlions dans l'avant-dernier billet, est essentiel. Le paysan est comme St Thomas, il a besoin de voir pour croire ! Lorsqu'il verra que le système de compost fonctionne et lui évite l'achat d'engrais, il reproduira le schéma chez lui.

Cette éducation environnementale est essentielle afin que les populations comprennent  ce qui arrive. C'est un sacré challenge mais faire revivre les terres permet de lutter contre l'exode rural et est une solution à long terme pour assurer des revenus plus stables aux populations. On peut même se projeter encore plus loin dans l'avenir : pourquoi pas, à terme, obtenir une certification de « maïs du plateau » de même que cela existe déjà pour la pintade de la Savane, gage de qualité. Quelle consécration alors !

Concluons donc ce billet sur cette note d'espoir et si vous voulez, vous pouvez mettre virtuellement les mains dans le compost en regardant les photos ci-après.






Salifou explique comment faire le compost















On ensemence avec des champignons

     
     
     

Les paysans mettent la main à la pâte













 

Et hop ! Après quelque temps, on a un beau tas de compost 😊


* structure formée d'argile et d'humus qui retient les éléments essentiels à la plante
** Rotary Club de Dapaong




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