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vendredi 20 octobre 2017

Les dunes du Sahara


Un peu d'exotisme : Essaouira (Maroc) aux mille attraits

Ils volent nos pilotes : après Essaouira au Maroc et son confort luxueux, ils ont décollé de Dakla pour le sud du Sahara occidental et le dernier terrain avant la Mauritanie, où ils ne veulent pas s'éterniser. Comme d'habitude des tracasseries administratives leur ont mis les bâtons dans les roues, ou plutôt dans les hélices.

Nos avions regardent le Sahara !

 Ainsi, allez savoir pourquoi, seuls les avions jaune et rouge (cf carte ci-dessous) ont eu leur plan de vol accepté, mais pas Barnaby, l'avion de Patrick (bleu). Ce n'est pas la première fois du voyage, et cela risque de pas être le dernière (pour 1h de vol il faut compter 5h de paperasses). Sachez qu'on ne plaisante pas avec les plans de vol. En France, mais encore moins au Maroc où on attend le doigt sur la couture du pantalon d'avoir le droit de décoller, terrains militaires obligent.
L'avion de Patrick est donc parti le lendemain en prévoyant de rejoindre les autres à Dakar.


Patrick, Marc, Claude et Patrice B.

Le moral est au beau fixe : ils plaaaanent !  Regardez la photo ci-dessus et vous verrez. La morosité n'est pas du voyage, on dirait. Si j'osais, j'avancerai que cela ressemble à une photo de classe, vous savez, lors du voyage de fin d'année lorsque les profs se lâchent un peu ?... mais je n'ose pas, alors on ne dira rien et on partagera juste leur joie de faire ce voyage extraordinaire tout en étant solidaires des jeunes collégiens togolais.


Un résultat qui crève les plafonds !

 
Oui, ils peuvent être satisfaits. Quel beau résultat ! Car au delà de l’exotisme et de l'aventure, le but premier du raid avion était de collecter les fonds pour terminer le collège, y faire poser des plaques solaires ainsi qu'au centre de santé et peut-être... commencer une matern... Mais chaque chose en son temps...Mission accomplie, donc 😊


Capture d'écran de leur géolocalisation vendredi soir

Nos pilotes ont quitté Dakar ce vendredi matin et vont dormir à Bamako, Mali, ce soir. Ils devraient donc arriver demain soir samedi au Burkina Faso, avant-dernière étape avant le Togo (sous notre picto sur l'image). Ils seront en retard d'une petite journée sur le programme mais je crois que nos amis togolais les attendent de pied ferme.


Et n'oubliez pas, coup de pousse est maintenant du Instagram. Tapez coupdepousse et vous verrez d'autres images que nous ne publions pas sur le blog.



À suivre très bientôt...


 
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mardi 17 octobre 2017

Ils sont en route !



Sur la carlingue des avions le logo de leur aéroclub et puis aussi, bien en vue, le logo du raid Des ailes pour une école


Rappel : quatre avions doivent partir d'Étampes et rallier Dapaong (Togo). Ils survolent la France, l'Espagne, le Maroc, le Sahara Occidental, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso pour arriver enfin au Togo. 6284 km en tout ! Samedi 14 octobre trois des quatre avions doivent décoller et lundi 16, le quatrième avion, celui de Patrick, bimoteur et plus rapide, doit partir à son tour. Il est prévu qu'il les rejoigne à Dakar, Sénégal, et qu'ils terminent le voyage ensemble. 


Nos pilotes le matin du départ

Samedi, le jour du départ arrive. La veille, les pilotes ont fait les dernières vérifications : vols de contrôle, vérification des sondes de pression d'huile... Nos aviateurs sont prêts et impatients de partir. La météo est encourageante et même exceptionnelle pour cette période-là. Les mânes des ancêtres sont avec eux !


Cool relax avant de partir !

 Mais même les vols et expéditions les mieux organisées ne résistent pas aux coups du sort. Samedi soir, alors qu'ils ont traversé la France et sont en Espagne, un problème technique important empêche l'avion d'Alain de continuer. En effet il y un fort risque de panne et si cela arrive au dessus de l'Afrique... L'avion doit rester au sol.


Il est parti !

C'est la cata complète ! Que faire ? Faire tous demi-tour ? Abandonner cette expédition préparée depuis de longs mois ? Continuer à deux avions ? Le moral est très bas samedi soir chez nos pilotes solidaires. 
Après une nuit de repos la décision est prise dimanche matin à l'unanimité : ils continuent ! Car comment abandonner cette aventure passionnante ? Et surtout comment laisser tomber tous les donateurs qui leur ont fait confiance ?  Impossible ! Solidaires des togolais pour lesquels ils ont collecté, ils le sont aussi entre eux et l'équipage de l’avion d'Alain en panne volera avec Patrick. Alain  remonte à Paris et va prendre un avion de ligne pour se rendre à Ouagadougou où Kader, notre chauffeur Burkinabé, le descendra à Dapaong.

Capture d'écran lundi soir de la plateforme des données de géolocalisation

Grâce à des balises embarquées et à la géolocalisation nous pouvons les suivre pendant tout le voyage. Sur la carte vous voyez les quatre avions :
  • L'avion rose, qui est à hauteur de Valence, Espagne, est l'avion d'Alain, immobilisé. Alain est remonté à Paris.
  • L'avion bleu, est l'avion de Patrick qui est parti lundi matin d’Étampes avec Patrice B. Il est passé à Valence prendre Claude et Marc qui étaient partis avec Alain. Cela l'a un peu retardé mais hier soir, lundi il était à Jérez de la Frontrera près de Gibraltar.
  • L'avion jaune avec à bord Joël, Jean-Claude et Patrice D. Lundi soir, il est à Essaouira, Maroc. Au retour il a été décidé qu'Alain prendra la place de Joël qui remontera à Paris en avion de ligne. Chacun ainsi aura participé à l'expédition.
  • L'avion rouge avec à bord Serge et Karine. Lundi soir, il est avec l'avion jaune à Essaouira au Maroc.
L'avion jaune et et le rouge sont des avions de l'aéroclub d’Étampes. Ils sont plus légers et moins puissants et c'est pour cela que c'est l'avion bleu de Patrick qui a chargé Claude et Marc qui faisaient de l'avion-stop à Valence.

Les avions jaune et rouge ont pris une demi journée de retard à cause... de Mohamed VI, roi du Maroc, qui, avec sa venue, a bloqué l'aéroport. Difficile de lutter contre de tels impondérables. En principe ils doivent décoller mardi matin sauf si sa Majesté le roi change son programme !
Mardi soir, les quatre avions se retrouveront probablement au Sahara occidental à Ad Dakhla (c'est fou ce que votre servante fait des progrès en géographie avec ce raid ! Vous aussi ?!). Ils continueront ensemble. Mais n'imaginez pas nos avions en formation comme la patrouille de France 😄. Non, chaque avion vole en indépendant car les contrôleurs du ciel sont nerveux s'ils voient des avions trop près l'un de l'autre. Ils ne peuvent savoir qu'ils se connaissent et le risque de collision est toujours à craindre.


Pour l'anecdote, l'avion de Patrick s'appelle Barnaby. Vous le découvrirez sur Instagram  sur lequel coup de pousse publie depuis quelques semaines. Tapez coupdepousse et vous y êtes !





Suite de l’aventure très bientôt...



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dimanche 8 octobre 2017

Raid avion pour une école : J - 6 avant le départ !

Patrick, Marc, Alain, Claude, Patrice, Joël, Jean-Luc, Serge et Karine. Il manque sur la photo le 10e pilote, un autre Patrice.

On s'en doute, un raid avion de plus de 13000 km en survolant huit pays différents ne se gère pas comme un petit tour en Bretagne ou le baptême de l'air du neveu de son voisin. Il faut réviser son avion et faire mille et une opérations que dont je me garderai bien de parler, ne voulant pas risquer ma crédibilité dans un domaine dont j'ignore tout. Sachez juste qu'il faut être minutieux et rigoureux. L'un de nos pilotes a d'ailleurs choisi une solution radicale afin d'être certain que tout tournait rond : il a complètement démonté son moteur 😳😱. Espérons qu'il sera remonté à temps pour le le départ !


Un moteur en cours de remontage... Heu... moi, je ne vois pas ce qui manque !

 Le raid, les 3 risques principaux à gérer :

  • le risque météo : c'est un des premiers qui vient à l'esprit. Nous vous annonçons fièrement un départ pour samedi prochain mais la météo se gère au fil de l'eau et rien n'est absolument certain. Nous sommes à la fin de la saison de pluies africaine et avant notre l'hiver. Il faut donc se glisser entre les deux.
  • le risque politique et d'attentat. Il faut bien en parler mais nos pilotes sont des hommes prudents et raisonnables, en aucun cas des cacous et des têtes brulées ; ils ne prendront aucun risque ni pour eux ni pour les autres. Les zones à risque seront donc contournées. Ainsi le Togo qui était pourtant calme s'agite un peu mais Patrick est en communication tous les deux jours avec Lomé et il veille au grain.
  • le risque administratif lié à l'essence. Celle-ci est réservée aux escales mais même dans ce cas, un autre peut passer avant et la prendre. Gros problème quand même ! Ce point-là est spécialement géré par le routeur* qui essaie de positionner l'essence au moment du survol et non pas un mois à l'avance...tout en espérant qu'un gros bakchich ne vienne pas chambouler ses plans.
Et puis il faut prévoir aussi l'hébergement, les visas, les autorisations de survol...  pas mal de taf, donc avant l'envol de nos gracieux oiseaux porteurs de l'espoir des collégiens du Plateau.

*le routeur est le correspondant de Patrick, il gère principalement les autorisations de survol. Il est basé à Ouagadougou.

Une collecte qui a décollé comme une fusée

 


Un résultat fantastique... et ce n'est pas terminé !

Et pendant ce temps, là-bas...


Les quatre classes du collège ont des murs et des portes. En haute à gauche, le projet en saison 1

Les bâtiments montent, les intervenants travaillent d’arrache-pied. Nous attaquons la phase 2 de la construction du collège. Les quatre classes de l'embryon de collège que nous avions commencé au printemps ont maintenant des murs à claustras et des portes. Restent la peinture à faire et les tables-bancs qui sont en cours de fabrication (ci-dessous)

Tables-bancs en construction chez un menuisier local. Les montants sont en métal afin de pouvoir être ressoudés en cas de dégâts

Nos pilotes-collecteurs

La liste ci-dessous est une liste déroulante, vous retrouverez tous nos pilotes  : Alain, Claude, Jean-Luc, Joël, Karine, Marc, Patrice, Patrice, Patrick et  Serge. Faites un don sur leur page ou pour le projet si vous y êtes sensible.
Merci à eux et à vous pour votre générosité !


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mardi 26 septembre 2017

Des ailes pour une école !



La semaine dernière je vous parlais ce ceux qui courent pour « électriser » la Savane. Aujourd'hui je vous présente ceux qui vont voler et collecter des fonds pour finir de construire le collège.

Un collège pour les quatre villages

 Reprenons tout au début. Après les maternelles et les écoles primaires, un collège devenait une nécessité : les enfants sont trop loin du collège actuel et l'éloignement rend sa fréquentation dissuasive, surtout pour les jeunes filles. Mais la construction d’un collège coûte cher, bien trop cher pour envisager de le construire autrement que sur plusieurs années. Surtout que l'éducation n'est pas le seul domaine où nous intervenons et donc le seul poste budgétaire.


Et c'est là qu'intervient Tatiana, pousseuse de la première heure qui travaille chez Air France. Tatiana nous suggère de déposer un dossier auprès de leur fondation*. Dossier, entretien, espoir... espoir... Les semaines passent. Alors, nous attendons sans trop y croire mais en y croyant quand même. Vous avez remarqué comme le temps passe lentement lorsqu'on attend ?... Et le mail arrive enfin en juin : notre dossier est retenu ! 
Joie et euphorie chez coup de pousse car c'est une grosse dotation qui nous est octroyée : 25000€ soit presque les deux tiers du budget de la construction du collège. Bien sûr il faudra rendre des comptes, bien sûr il faudra être bien structuré et justifier nos dépenses mais cela ne nous fait pas peur car, grâce à Patrick, notre président (qui a la bosse des maths 😄) et Didier, notre responsable projet au Togo, nos dossiers sont toujours extrêmement bien documentés et d’une précision rigoureuse. 
C'est pourquoi, lors de cette nouvelle campagne de levée de fond, vous voyez leur logo sur nos documents. Mille mercis à la Fondation Air France !

* La Fondation Air France a pour vocation de soutenir les projets en faveur des enfants et des jeunes malades, en France et dans l’ensemble des pays où Air France est présente. Elle concentre son action dans 2 domaines : l’éducation et la formation, en partenariat avec des associations et Organisations Non Gouvernementales (ONG).


Passion lorsque tu nous tiens !

Ne quittons pas les terrains d'aviation. Un raid aérien solidaire s'y prépare en effet pour collecter une partie des fonds manquants encore. Vers la mi-octobre (cela dépend des fenêtres météo) quatre avions vont rallier Dapaong en partant d'Étampes en région parisienne. Mettant leur passion au service d'une bonne cause, les pilotes traverseront la France, l'Espagne, le Sahara occidental, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso pour arriver enfin au Togo. Quelle aventure ! Car s'en est une, ne vous méprenez pas. Mais une aventure préparée avec soin et méticuleusement par notre équipe de 10 pilotes-collecteurs (pour plus de détails sur le raid et le projet vous pouvez aussi cliquer ici).
Chaque pilote a fait sa page de collecte pour essayer de récolter une partie des 16000€ qui manquent au budget du projet. Vous pouvez les consulter ci dessous.
Ils en sont pour l'instant sont à 64% de l'objectif global. Encouragez-les dans ce magnifique et généreux challenge ! Allez-voir leur page, elles ont toutes différentes, reflets de personnalités diverses mais regroupées autour de tout de qui a des ailes 😄. La liste ci-dessous est une liste déroulante, regardez bien, ils y sont tous : Alain, Claude, Jean-Luc, Joël, Karine, Marc, Marc, Patrice, Patrice, Patrick et  Serge. Et bien sûr faites un don sur leur page ou pour le projet si vous y êtes sensible.
Merci à eux et à vous pour votre générosité !


Il y a encore beaucoup de choses à vous raconter sur ce raid alors rendez-vous dans quelques jours.
Dernière minute :  Caroline, Cécile, Florent et Olivier de Run4Togo (100km en équipe entre Lausanne et Genève) sont bien arrivés samedi (voir FB) . Florent a dû même courir deux étapes de relais car Cécile s'est blessée lors de l'entraînement. Bravo et merci  merci à nos quatre traileurs-collecteurs.

À bientôt !


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vendredi 24 mars 2017

Un ancien analphabète qui crée son entreprise !


Cahier d'un « élève »

Il existe un rapport étroit entre le taux d’analphabétisme et la pauvreté : la région des Savanes est la région la plus pauvre du Togo (90,8% en dessous du seuil de la pauvreté) et son taux analphabétisme est le plus élevé du pays (67,2% pour une moyenne nationale de 43,3 %, des jeunes et des adultes de 15 à 44 ans et deux tiers sont des femmes)*. 
Pas besoin de chercher plus loin pour trouver l'un des vecteurs de développement des villageois. CQFD ! C'est donc pour cela que très vite nous avons mis en route des cours d'alphabétisation. Michael, le Peace Corps** qui vit à Nagou, les a organisés et un professeur formé à cet enseignement vient spécialement dans les villages : une quarantaine de cours ayant lieu deux fois par semaine.

Notre futur entrepreneur l'année dernière lors d'une réunion, dans l'ancienne école primaire

 Les élèves sont quasiment tous des femmes (nous ne voulions pas qu'elles craignent d’être moquées et  soient intimidées par la présence des hommes) mais nous avions remarqué cet homme grand et mince (minces, ils le sont tous à vrai dire !) qui écoutait avec attention pendant nos réunions (cf ce billet de novembre 2016).
Et nous l'avons revu. Renseignements pris, il s'appelle Lambon Laari et habite Lockpergou.


Le mois dernier, lors d'une autre réunion dans son village, à Lokpergou, le seul à prendre des notes.

En février dernier, lors de notre dernier voyage, il fut l'un des rayons de soleil de notre séjour, il a été ce petit quelque chose qui vous fait dire que, finalement, vous allez peut-être réussir votre pari et amener un jour, pas demain certes, mais un jour prochain, ces villages à l’autonomie.
Notre homme a fait une formation de pépiniériste et a développé son activité en aidant les femmes de Lokpergou à créer des jardins communautaires (cf ce précédent billet). Ce fut absolument formidable de voir cet homme assez effacé, grandir tout à coup et faire profiter les femmes de son village de ce nouveau savoir. On sentait vraiment qu'il avait eu tout d'un coup accès à un monde nouveau et à la Connaissance. Et si un villageois l'a fait, pourquoi pas les autres, n'est-ce pas ? Tout devient possible.

Beaucoup, beaucoup d'huile de coude, un peu de savoir et ça pousse !

 Nous retrouverons surement notre entrepreneur plus tard. Bon courage à lui !
Mais il faut aussi que je vous parle des villageois-terrassiers : une route, une école... menés par leur chef de village et les responsables des CVD*** et avec l'aide de Joël, notre agent de développement, rien ne leur fait peur. Et tout le monde s'y met, hommes, femmes, enfants. Mais c'est une autre histoire que je vous raconterai dans le prochain billet...
À bientôt !

*sources : enquête de 2011 publiée par le site de la République du Togo
** Peace Corps : organisme gouvernemental international américain
*** Comité de Développement Villageois




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dimanche 6 mars 2016

Le développement durable sur le plateau (suite)



Mai : les cultures commencent à pousser

Une terre qui devient aride

Nous avons vu dans le billet du 13 février que l’équilibre fragile de l’écosystème de la Savane était menacé.  Plusieurs raisons à cela : l'exploitation forestière extensive causée par la pression démographique (besoins en bois pour faire la cuisine) mais aussi l'agriculture sur brulis (on brûle après récolte ce faisant on détruit tout le complexe argilo-humique*), les animaux qui divaguent en liberté partout (surpâturage)... 
Le problème est crucial. En effet, pas besoin d'avoir fait AgroParisTech pour comprendre que nous sommes ici dans une région d'agriculture de survie où les paysans doivent  produire s'ils veulent manger à leur faim et nourrir leur famille.


Les animaux divaguent en liberté et broutent ce qu'ils peuvent pour survivre

Le problème de l'utilisation abusive et exclusive des engrais est encore venu compliquer la donne (ne pas oublier que l'Afrique est un gros marché pour les producteurs d'engrais). Il y a quelque fois beaucoup d'impuretés dans ces engrais qui tuent le sol. Ajoutés à cela les traitements avec les pesticides (le coton est traité deux fois par an avec un produit interdit depuis 15 ans) et vous avez une idée du tableau : la terre n'en peut plus et devient de plus en plus stérile.

De sa concession (maison), cette villageoise peut voir les cultures pousser. Dans quelques mois, on ne reconnaîtra plus le paysage.


La bonne nouvelle est que ce processus est réversible. Il faut deux à trois ans pour « réparer » un sol et le faire revivre. Le gouvernement togolais a fait des foires pour sensibiliser les populations à la culture bio. Il y a des méthodes qui sont déjà mises en pratique. Sans entrer dans les détails, le paysan doit maintenant apprendre à combiner modernisme et savoir traditionnel. .

Cette sensibilisation est le travail actuel de Salifou, notre expert agro et membre du RCD **, et de Michael, le peace corp. Le rôle de la plantation communautaire que nous avons financée et dont nous vous parlions dans l'avant-dernier billet, est essentiel. Le paysan est comme St Thomas, il a besoin de voir pour croire ! Lorsqu'il verra que le système de compost fonctionne et lui évite l'achat d'engrais, il reproduira le schéma chez lui.

Cette éducation environnementale est essentielle afin que les populations comprennent  ce qui arrive. C'est un sacré challenge mais faire revivre les terres permet de lutter contre l'exode rural et est une solution à long terme pour assurer des revenus plus stables aux populations. On peut même se projeter encore plus loin dans l'avenir : pourquoi pas, à terme, obtenir une certification de « maïs du plateau » de même que cela existe déjà pour la pintade de la Savane, gage de qualité. Quelle consécration alors !

Concluons donc ce billet sur cette note d'espoir et si vous voulez, vous pouvez mettre virtuellement les mains dans le compost en regardant les photos ci-après.






Salifou explique comment faire le compost















On ensemence avec des champignons

     
     
     

Les paysans mettent la main à la pâte













 

Et hop ! Après quelque temps, on a un beau tas de compost 😊


* structure formée d'argile et d'humus qui retient les éléments essentiels à la plante
** Rotary Club de Dapaong




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