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vendredi 20 juillet 2018

Un pont vers l'école


Le nouveau pont et les enfants de Lokpergou

Ils nous en parlaient depuis un certain temps. Nous avons pu leur donner un petit coup de pousse et ils l'ont fait ! 

Le problème...

Imaginez une belle école toute neuve, jolie et pimpante avec un matériel qui n'attend que des élèves. 
C'est la première construction en dur du village. C'est magnifique. Le savoir et un avenir pour les enfants à portée de main !
Alors où est le problème ? 
Le problème est que les villages africains sont très étendus et ils suivent plus ou moins le cours capricieux de l'eau. Les habitations sont donc de part et d'autre des cours d'eaux. Totalement à sec la plus grande partie de l'année, à la saison des pluie, ce sont véritables petites rivières infranchissables pour un enfant. Si donc son habitation a la malchance d'être du mauvais côté de la rivière, l'enfant doit attendre que le niveau d'eau baisse afin de traverser en sécurité. Il rate alors complètement le début de l'année scolaire pendant plusieurs semaines.
Avoir pour la première fois une école dans son village et ne pas pouvoir en profiter : insupportable et tellement injuste !

Imaginez cet endroit en saison des pluies avec un mètre d'eau... Comment traverser quand on a 8 ans et qu'on ne sait pas nager ?


...et sa solution

C'est compter sans la volonté et la détermination sans faille des villageois de Lokpergou. Allez hop, tous au travail !  Les villageois retroussent les manches, s'organisent et font un THIMO*

Un petit coup de pousse budgétaire de notre part et beaucoup d'huile de coude plus tard, nous y voilà. Dans la foulée, nous profitons de cette volonté commune pour terminer le complexe scolaire et construire les latrines de l'école primaire (complexe scolaire, cela sonne bien, non ?!  #tropfier 😊).

*THIMO : Travaux de Haute Intensité de Main-d’Œuvre 

On ne vous cache rien : les Ecosan ou latrines de Lokpergou


Pourquoi à Lokpergou, tout réussit ?


Mais pourquoi donc ce village de Lokpergou est-il si dynamique ? Quelle est la différence avec les autres villages ? Pourquoi nos opérations fonctionnent-elles mieux là que dans d'autres villages ? Le village le plus petit, le plus éloigné de tout ?
Nous n'avons pas la solution, juste un début de réponse. Il semble que, comme souvent, (cf équipe de France de foot 😎) ce soit une affaire d'hommes et de leader. Le chef de village de Lokpergou est absolument convaincu de l'importance de l'éducation (18 enfants tous scolarisés) et a un grand sens du bien public. Le chef de village a une importance énorme et dans le cas de Lokpergou, c'est un leader qui sait galvaniser les énergies.
Est-ce la raison du dynamisme de ce village loin de tout ? On ne sait pas, l'avenir nous aidera sans doute à comprendre mieux les raisons de cette réussite.


À venir...

 


Le 22 septembre prochain 23 coureurs s'élanceront sur les chemins de Belle-Ile en mer à l'occasion de Belle-Ile en trail. Ils collecteront pour financer une école primaire pour les villages de Kona et Malabate. Retrouvez-les sur notre page de campagne.
Plus d'infos dans le prochain billet de septembre...



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dimanche 13 mai 2018

Des cantines éphémères






Alors qu'en Europe, nous filons vers l'été, les villageois togolais abordent une saison difficile : la saison de la soudure.
 Il s'agit de cette période charnière entre deux récoltes, quand les paysans ont consommé leur réserve  et que la prochaine récolte n'est pas encore faite. Le grain devient rare et les prix montent. Les familles n'ont pas toujours de quoi acheter à manger. Si la récolte a été mauvaise la saison précédente, cette période de soudure commence encore plus tôt et pour certains, la famine s'installe.

coup de pousse a donc organisé sur ces périodes des cantines « éphémères » qui ne tourneront qu'à ce moment-là.














 Et ces cantines marchent en ce moment à plein régime ! coup de pousse fournit l'essentiel : maïs, riz, petits poissons... et chaque parent (ou presque) paie une cotisation minime. Celle-ci couvre de quoi faire les sauces : tomates, pâte d'arachide (pas tout à fait le peanuts butter que nous connaissons), oignons...







Didier et Augustin (Rotary Club ) discutent avec une des mamans


Des mamans se sont organisées entre elles pour préparer les repas, avec des menus définis à l'avance comme dans nos cantines. Les femmes assurent deux fois par semaine le déjeuner  et se relaient toutes les quatre semaines. Elles travaillent en « brigade », un système qui marche assez bien et qui est mis en place par les mamans elles-mêmes.

C'est un gros travail car il y 495 élèves à nourrir : 300 pour Djapak et 195 pour Lokpergou. Les femmes y sont dès le matin. Il faut  aller chercher le bois, allumer les marmites, préparer des énormes quantité  ne nourritures... Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-contre, c'est mélangé à la force des bras. L'impétrante qui écrit ces lignes l'a fait et peut vous assurer qu'il faut des fameux biscotos et que c'est épuisant.
Est-il utile de préciser que les femmes qui cuisinent le font bénévolement et après avoir fait leurs corvées journalières : eau...
Ces femmes africaines sont vraiment de sacrées nanas !





Voici cher lecteur et donateur, à vous qui nous faites confiance, une application très concrète de nos actions dans ces villages. Vous pouvez être fiers de vous et nous vous disons un grand merci !

À suivre...





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mardi 6 mars 2018

Le collège des Plateaux : inauguration et plan d'excellence


Une collégienne et deux collégiens. Iront-ils au lycée ? On l'espère et nous œuvrons pour cela


Lors de notre dernier voyage le mois dernier, le collège a donc été inauguré officiellement par le préfet en présence du président du Rotary-Club (Didier cet année, notre infatigable relais sur place) des chefs de canton, des chefs de village et de la population. Une grande fête avec musique, chants et repas pour clôturer la journée. 
Regardez la courte vidéo ci-après et transportez-vous trente secondes en Afrique !




Des encouragements plutôt que des brimades


Mais faire de beaux bâtiments n'est pas le seul gage de réussite pour ces collégiens. Il faut aussi lutter contre l’absentéisme scolaire (dû au travail aux champs, aux corvées d'eau et mariage précoce pour les filles) et pallier une formation pédagogique quelque fois insuffisante des enseignants. 
Nous avons donc en début d'année proposé aux professeurs du collège (très demandeurs) une formation pédagogique, financée par coup de pousse mais assurée par les services de l'éducation nationale togolaise. En effet, mal préparés au métier de l’enseignement, beaucoup de professeurs utilisent encore des brimades à l'encontre des élèves et le bâton n'est jamais très loin.

Les profs avec l'inspecteur et Didier  au milieu et Augustin (tout en bleu)



Lors de notre dernier séjour, Augustin, qui a récemment rejoint les rangs du Rotary et est lui-même enseignant, en a profité pour leur faire part de son expérience. Il a insisté sur le fait que les brimades et humiliations des élèves étaient une pratique contre-productive. Il vaut bien mieux les encourager et les louer afin de renforcer leur confiance en eux. 
Le débat n'est pas nouveau et je suis certaine que, vous qui me lisez, avez ou avez eu des expériences et des témoignages intéressants à ce sujet ! 

 

 

 

 

 

Et de la lumière pour étudier

 

Les profs et nous avons démarré, lors de notre denier séjour, la mise en place d'une politique d'excellence pour notre nouveau collège : démontrer qu'avec l'aide voulu nous pouvons relever le taux de réussite au brevet des collèges (qui s'appelle encore CEPD au Togo). Le pourcentage de réussite dans tout le pays est de 70% mais de seulement de 50% dans la Région des Savanes. Ambitieux mais possible (le major de la promotion 2016 pour la Région des Savanes vient de Lokpergou  ! 💪)

Mais comment mettre en place une dynamique d'apprentissage si nos collégiens ne peuvent étudier le soir ? En Afrique dans la savane, pas de pollution lumineuse ! Une fois la nuit tombée, c'est l'obscurité totale. Il était donc urgent d'y remédier pour nos collégiens. 

Ce n'est qu'un petit tube néon, mais, croyez moi, il fait toute la différence !





Nos amis togolais ont réagi avec la vitesse de l'éclair. Nous étions à peine rentrés en France que nous parvenaient déjà les premières photos de la classe éclairée. 
  Toujours en application de cette politique d'excellence, les enseignants organisent maintenant des études supplémentaires pour les plus grands afin de combler leur retard.













Pour rappel, il y a 192 inscrits au collège, 67 en 6e, 45 en 5e, 37 en 4e et 43 en 3e. Les filles sont à peu près à part égale avec les garçons.


Pas encore beaucoup de confort, mais un néon au dessus d'une porte permet à ces jeunes d'approfondir leurs cours

Notre collège est né grâce à l'union des beaucoup de bonnes volontés. Parmi beaucoup d'autres, on notera celle de Célestin, professeur  de collège d'histoire-géo pendant trente ans et ancien directeur de collège. À la retraite depuis cinq ans, l'homme a une foi inébranlable dans les vertus de l'éducation et c'est lui qui a donné le terrain pour construire le Collège de l'Union des plateaux et a œuvré pour la réalisation du projet.


«L'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde. (Nelson Mandela). Jolie citation reprise par le Patrick à l'inauguration du collège.

À suivre...



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