notre site internet

vendredi 13 juin 2014

De l'eau, de l'eau, encore de l'eau...



Des ornières qui deviennent fondrières et rendent indispensables les 4x4 pour se déplacer dans la Région des Savanes


Ce  dernier week-end de Pentecôte a été riche en épisodes climatiques calamiteux : orages spectaculaires, grêles destructrices et pluies diluviennes. Les chanceux se trouvant dans l'est n'ont pas eu à se plaindre mais les parisiens n'ont pas été à la fête. Sur l'ensemble du territoire, lundi, les services d'incendie et de secours ont été sollicités plus de deux mille fois, pour déblayer les voies, réparer et bâcher les toitures endommagées par le vent et la grêle et intervenir dans les maisons inondées. Tout cela n'est pas inhabituel mais reste rare. Et puis nous, en France, dans ces cas -là, nous avons le 15 : «... Vous savez demandé les pompiers... ne quittez pas... »
Pour nos amis togolais, la pluie, c'est le signe de vie, de reprise des cultures et pour eux, des pluies diluviennes, ce n'est ni rare ni inhabituel. Et pas de 15, juste la communauté pour aider.
Rappel : il n’y a qu’une saison des pluies dans la moitié nord du pays, plus élevée en altitude, où se trouve Nagou, contre deux au sud, plus plat. Dans cette région de climat subsaharien semi-aride, on ne distingue donc que deux saisons : une saison des pluies entre mai et octobre, et une saison sèche entre novembre et avril. 




À Paris, en fin de week-end, on pouvait aussi parler de mousson tellement l'humidité était suffocante. Alors il vous faut imaginer cela à Nagou pendant des jours et des semaines, presque toute la durée de la saison des pluies. Oh, il ne pleut pas tout le temps, mais il y a souvent des averses violentes qui noient les paysage et les routes sous de gigantesques mares d'eau. Nous en avons eu un petit aperçu en janvier, lors d'une averse exceptionnelle à cette époque de l'année. En quelques minutes, le paysage est devenu une multitude de flaques d'eau et de boue rouge. La latérite ne boit pas cet excès d'eau qui s'accumule et cause de gros dégâts : routes emportées et cases détruites. Nagou est sur un plateau et risque moins ces inondations destructrices. Ces dernières années la route pour accéder au pied du plateau s'est beaucoup améliorée. On monte à Nagou par un long ruban bétonné qui semble indestructible. Il m'a fait penser aux plaques de l'autoroute du Sud qui nous secouent dans tous les sens depuis des années. Mais au moins ce béton a l'air solide et moins sujet à être emporté.
Mais on ne peut parler de la saison des pluies sans ajouter que, bien que nous n'en ayons vu que le tout début, la transformation brutale de la nature est un phénomène fascinant. Les rouges de la terre et les verts, tendres et violents à la fois, sautent aux yeux et vous font aimer ces paysages qui deviennent éclatants de beauté sauvage.
Cette nature si proche et si belle mais qui reste malgré tout si dangereuse pour celui qui ne se méfie pas. 



jeudi 5 juin 2014

Une Harley pour coup de pousse !




 Harley Davidson... c'est la voix de Brigitte Bardot en train de susurer :
 Je n'ai besoin de personn'
En Harley Davidson
Je n'reconnais plus personn
En Harley Davidson
 
Harley Davidson... ce sont ces bikers que l'on voit passer sur la route, chromes rutilants, avec ce drôle de guidon qui leur donne cette position si caractéristique sur la moto.  C'est ce look un peu particulier qui les met dans une catégorie à part et fait partie de la légende Harley. Leurs cuirs, leurs casques oldies, leurs motos customisées, c'est le mythe de la liberté, des grands espaces, tout un style de vie.
Mais sous leurs cuirs battent aussi des cœurs généreux. Pour preuve, le formidable don qu'a fait l'un de nos plus généreux donateurs en nous offrant sa Halrey, sa compagne des grandes échappées et des week-end de folie. Ce biker a décidé de s'arrêter et de faire un dernier baroud d'honneur avec sa belle : la vendre au profit de coup de pousse et faire en sorte que ce qui lui a donné tant de joies et de plaisirs renaisse par ce don et soit une nouvelle source de bonheur pour d'autres.
Anonyme biker, tu es entré dans la légende coup de pousse et nous te disons un grand merci !


mardi 27 mai 2014

Nagou, les cultures, l'eau



Les  jeunes pousses de mil pointent leur nez

Il a plu récemment et la terre revit. Du vert surgit de partout. Nagou a changé d'aspect. Nous sommes au tout début de la saison des pluies. Elle a à peine commencé mais il est tombé assez d'eau pour que les travaux des champs démarrent. Chaque mètre carré de terre est exploité, des sillons réguliers sont tracés partout. Il fait une chaleur écrasante. 
Entre autres poncifs de ce genre, vous avez sans doute parfois entendu dire que les Africains étaient indolents. Mais ici chaque geste coûte. Il fait chaud, pas de boisson fraîche pour se désaltérer. Pas de boisson du tout. Simplement, un soleil de plomb qui vous fait transpirer au moindre mouvement. Alors on s'économise et les gestes sont lents et mesurés. Difficile d'être à 100% par 40° à l'ombre et creuser des sillons avec un instrument rudimentaire. Pas d'indolence, non, un sens pratique plutôt.

Plan d'arachide

J'essaie d'imaginer ce que peut-être la vie sans cette eau que je gaspillerai à nouveau si facilement au retour en France. Lors d'une de nos réunions sous le manguier avec une partie de la population, je verrai pour la première fois une femme apporter une calebasse d'eau, l'eau du forage, à un des vieux du village. Alors que j'aurai un fréquent recours à ma bouteille d'eau (minérale) je ne les verrai jamais boire. Je n'ai pas pensé à poser la question à Martine ou Didier. En fait c'est probablement tout simplement parce qu’ils n'ont rien pour la transporter et boire commodément.


Trop dur de pomper ! Il faut amorcer la pompe pendant cinq bonnes minutes. L'eau est à plus de soixante dix mètres. J'ai triché, on m'a aidé.


Toujours est-il que tout notre projet tourne autour de l'eau. Actuellement le forage creusé précédemment par l'association alimente le village et ses environs. Chaque villageois qui y tire de l'eau paie une redevance qui sert à alimenter la caisse tenue par le comité de l'eau (important comité comme on s'en doute et géré par des femmes). Quand le forage est en panne, il y a donc théoriquement les fonds pour le réparer. Actuellement ce forage produit de façon exceptionnelle. Mais le drame est qu'il sert aussi à construire les bâtiments du projet. De l'eau potable pour faire du ciment ! Nous sommes donc paniqués à l'idée qu'il soit sur-exploité et qu'il tombe en panne ou s'épuise. Depuis plusieurs mois nous essayons de mettre sur pieds une étude précise de tous les forages du plateau et puits de Nagou. Un catalogue de l'eau, en fait. 
Mais pas facile du tout de faire bouger les choses lorsqu'on se trouve à des milliers de kilomètres. Un des objectifs du voyage est donc de débloquer le dossier pour de bon avant notre départ. Et ceci, malgré la venue du chef de l'état à Dapaong qui eu la mauvaise idée de faire un voyage officiel juste le week-end où nous y étions. Pas facile pour les rendez-vous !

à suivre...


Pour en savoir plus

Visitez le site de coup de pousse, www.cdpousse.org et suivez nos actus en vous inscrivant au flux des billets (en haut à droite du blog), écrivez-nous à florence@cdpousse.org et pour faire un don, cliquez ici