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vendredi 11 novembre 2016

Le concert





Bref retour en arrière  


En mai dernier, nous contactons le CEO de Bien-Air Dental pour demander un soutien à coup de pousse. Celui-ci nous propose d'organiser un récital de piano au bénéfice de l'association. L'idée est séduisante et généreuse alors bien sûr, nous fonçons. 

Samedi 5 novembre 


Dehors il peut à verse. C'est la première grosse pluie de novembre, une pluie qui brouille tout et obscurcit le ciel. 
Nous sommes à Bienne, en Suisse, canton de Bern, dans les locaux de la société Bien-Air. La cafétéria, salle spacieuse avec une excellente acoustique, a été transformée en salle de concert.  Edgar, le CEO, nous accueille. C'est un homme au sourire charmant et aux yeux qui pétillent. Mais aujourd'hui on le sent nerveux et stressé. Ah ! oui, j'ai oublié de vous dire qu'il est le concertiste du jour. Un défi, un challenge qu'il s'est imposé. Alors nous comprenons cette angoisse qui l'envahit au fur et à mesure que l'heure se rapproche. Car il va s'exposer devant plus d'une soixantaine d'invités, des collaborateurs, des clients et des amis. L'homme est modeste et a beaucoup d'humour : dans le programme qui nous est distribué il dit de lui qu'il « compte parmi les pianistes les plus insignifiants de son époque ». Mais un jour, il a été mis au défi « d'oser ses rêves ». 
Et il l'a fait !
Le récital dure 45 minutes, est varié et peut être apprécié par tous, oreilles averties ou non. Les premières mesures de la Bagatelle de Beethoven sont un peu crispées, on l'entend, et puis on sent que tout à coup le pianiste se détend et se libère... et nous aussi. Car tous, dans la salle, nous voulons qu'il réussisse son challenge et angoissons un peu pour lui. Il doit le sentir et, porté par la sympathie du public, nous embarque pour trois quarts d'heure de pur plaisir.


 Pari gagné, Edgar ! Nous nous sommes régalés. Oui, il y a eu deux trois accords dissidents (Chopin, ce n'est pas aussi simple qu'Au clair de la lune !) mais notre ami a passé avec brio cette épreuve qu’il s'était imposée : Ballade, Impromptu, Marche militaire, Boogie for two... le public a adoré. Dernier clin d’œil : en bis (il y eut même un ter en fait) nous avons eu droit à quatre mains au générique de la Panthère rose. Succès immédiat !

Un espace était réservé à coup de pousse dans la salle et pendant le cocktail dinatoire qui a suivi, nous avons pu répondre aux diverses questions du public. Patrick, fondateur de l'association, avait fait le déplacement de Paris et n'a pas regretté d'être avec nous pour ce joli moment de partage musical.

 

Remerciements : 

  • à la famille Mosimann propriétaire de la société Bien-Air Dental qui a sponsorisé l'évènement et nous a fait un généreux don, finançant ainsi un morceau de la construction du collège du Plateau,
  • à Edgar qui l'a organisé et n'a pas hésité à se mettre en danger en se produisant sur scène,
  • à Samuel, fils du propriétaire, qui a accompagné Edgar dans les quatre mains, 
  • à André, spécialiste de la prise de parole en public, qui a présenté avec brio le récital,
  • à Alain et à Jean, hommes d'entretien de Bien-Air, qui ont transformé leur cafétéria en une salle de concert, et ont veillé le jour même à ce tout se passe bien.
Mille mercis pour votre aide et votre soutien. 






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mardi 1 novembre 2016

Emmanuelle nous raconte sa semaine au Togo...



J’ai eu la chance d’accompagner Florence et Patrick lors de leur récent voyage dans la région des Savanes pour suivre et encourager les différents projets menés par coup de pousse.

Où est Charl... Emmanuelle ?! Un paysage complètement différent de celui de la saison sèche

Pousseuse depuis les débuts de l’association, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller en Afrique de Ouest, mais j’avais depuis l’enfance une sensibilité pour cette partie du globe où mon père allait régulièrement travailler, sur laquelle j’avais vu de nombreux reportages avec cette promesse un peu secrète qu’un jour j’irai découvrir ces paysages d’herbes et de terre sèches, rencontrer ces peuples loin de tout et de notre temps, et si je le pouvais les aider.

À Boré
Et voilà, le choc ! Le choc de cette chaleur qui vous saisit dès la sortie de l’avion, le choc de ces paysages immenses où le soleil se cogne, de cette végétation débordante en cette fin de saison des pluies, de ces rencontres avec quantité de femmes et d’hommes plein de talents, d’intelligence et d’énergie qui agissent sur place pour que les actions de coup de pousse avancent, le choc de découvrir les villageois souriants et confiants, le choc des nuées d’enfants qui accourent à votre arrivée et qui ont envie de grandir… 


Et surtout choc de réaliser concrètement tout ce qui a été mis en place par coup de pousse en quelques années, forages, puits, compost, construction d’écoles, centre de santé, ainsi que le soutien au développement des villageois dans un profond respect de leur culture et de leur volonté. Mais de toutes ces fantastiques réalisations, c’est l’alphabétisation des adultes qui m’a le plus frappée. En quelques mois des dizaines de femmes et quelques hommes dans chaque village, tous volontaires, apprennent à lire à raison un à deux cours par semaine.

Patrick, Joël (agent du développement de CDP), Emmanuelle et l’inspecteur de l'éducation nationale du primaire

Une révolution dans leur vie qui leur permet de rejoindre le clan de ceux qui ont accès à l’éducation, à l’information, aux décisions. Une fierté dans leur regard, lorsque leur main se lève quand on demande qui suit les cours d’alphabétisation dans une assemblée de villageois. Une assurance dans tout leur être quand ils qui affirment que oui déjà il utilise leurs acquis au marché et dans leur quotidien.

Cahier d'alphabétisation

Avec des gestes timides accompagnés d’un franc sourire, chacune et chacun nous dévoile son cahier d’écriture personnel, où les lettres se suivent et les mots se forment et se déroulent les phrases. Les cahiers sont remarquablement soignés, l’écriture est appliquée et méthodique, reflet du temps et de l’application de l’élève volontaire. Et voilà le choc des mots qui vous frappent en pleine face, sur ce cahier d’écolier dans ce village perdu de la région des Savane.

Ce paysan (un des seuls hommes du cours) a fièrement levé la main lorsque Patrick a demandé qui avait suivi le programme d'alphabétisation

Dotation de livres pour l'embryon du collège du Plateau




 
L’alphabétisation des femmes est la clé d’un cercle vertueux comme les affectionne coup de pousse, il permet aux femmes d’accéder à l’autre monde, de les impliquer plus individuellement dans l’ensemble du projet de coup de pousse, et est un puissant levier de valorisation de l’éducation scolaire des enfants et plus particulièrement celle des filles.







Naissance du futur collège du Plateau : ces quatre grands apatames ont été construits par les villageois de Boré, Lokpergou et Djapak. Enregistré et reconnu par les autorités, il a désormais une existence légale. À nous maintenant la charge de le construire en dur, poussés par les 250 collégiens !

Après cette incroyable semaine de découvertes et de rencontres des villageoises et villageois du Plateau, et d’échanges avec les membres très actifs du Rotary Club de Dapaong nous quittons le Togo des sourires plein les yeux, des projets plein la tête pour poursuivre et développer la formidable mission de coup de pousse dans la Région des Savanes.


Sur le tableau noir d'une classe à Nagou


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samedi 15 octobre 2016

C'est la rentrée !



La rentrée ?! 😳 Oui, au Togo c'est la semaine de la rentrée scolaire. La saison des pluies et des gros travaux des champs qui occupent toute la famille (enfants compris) est terminée. Il n'y a plus maintenant qu'à regarder le maïs, le sorgo et le mil pousser. Bon, j'exagère un peu, mais tout cela explique que la rentrée scolaire soit si tard. Plus tôt, les classes seraient vides.
Nous y partons donc lundi prochain pour la semaine. Pour nous aussi, ce sera un peu la rentrée car notre dernier voyage date d'avril. Bien sûr nous sommes en contact de façon hebdomadaire avec le chef de projet (Didier), notre agent de développement (Joel) et le Peace Corps de Nagou (Michael) mais cela ne remplace pas le contact direct. Et puis il s'est passé tant de choses depuis notre dernier séjour. Du moins bon mais aussi de bonnes choses encourageantes. 
Ainsi la route qui avait été réparée avec tant d'ardeur par les villageois a été emportée en partie par les pluies torrentielles : le pont construit a tenu mais tout autour, la route a été avalée par les eaux. Il va nous falloir trouver une solution afin que les camions de chantier puissent se rendre à Lokpergou et qu'on puisse construire la maternelle et l'école primaire.

Seuls les piétons et les motos se débrouillent pour passer, aucun engin à 4 roues ne peut accéder

Il est en effet urgent de construire en dur cette école de Lokpergou car encore un fois, les pluies diluviennes ont fait effondrer le toit de fortune de l'apatame (abri de terre séchée et de paille) qui servait à abriter une partie de élèves. 


On voit bien sur la photo que la partie en dur a été protégée mais l’école a perdue 50% de sa capacité d'accueil

Mais heureusement il y a des bonnes nouvelles. Ainsi dans le cadre du reboisement du plateau 1000 plans de jeunes arbres, anacardier, manguiers et acacias, ont été distribués dans les villages afin d'être planté. Il faut maintenant veiller à les protéger du pâturage lors de la prochaine saison sèche. 

À Lokpergou c'est le champ scolaire qui a été reboisé

Et puis encore, sur une initiative locale les villages ont commencé à organiser le Thimo (Travaux de haute intensité de main d'œuvre) du collège. Le projet a l'assentiment du préfet ce qui est très important. Cela devrait aplanir les difficultés administratives inhérentes à un projet de cet importance. Les trois villages se sont entendus et il semble que l’emplacement soit déterminé pour de bon. Nagou se fait toujours tirer l'oreille pour rejoindre la communauté du grand plateau mais la porte lui reste ouverte !
En attendant les pierres nécessaires aux fondations ont été réunies à l'emplacement futur et les populations sont très motivées. 

Un champ de cailloux qui va devenir les fondations du collège


La pose après l'effort

Et voilà, that's all folks ! Plus de nouvelles à notre retour.

À bientôt...

Ps : vous voudrez bien excuser la qualité moyenne des photos, le matériel de notre photographe n’étant pas à la hauteur de son talent.



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